Affichage des articles dont le libellé est 09 Indonésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 09 Indonésie. Afficher tous les articles

lundi 12 septembre 2011

La gastronomie indonésienne fait... riz blanc !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la cuisine indonésienne est simple, souvent délicieuse, quelques fois redondante. Bref, c'est bon, mais ce n'est pas transcendant ! Il faut dire qu'après ces mois passés à gouter toutes sortes de spécialités de différentes contrées, nos palais se sont aiguisés et peut-être devient-on exigeant. De plus, nous tenons à préciser que n'étant pas passés par Bali, nous n'avons pas pu nous laisser tenter par cette cuisine réputée différente du reste du pays.

Le plus souvent, les repas indonésiens se composent de savoureux poissons grillés ou de poulet frit, toujours accompagnés de riz (du riz encore et toujours !) et de sambal (condiment à base de piment); et quelques fois d'un légume. Il est d'ailleurs assez étonnant, compte tenu de  l'excellent climat dont profitent les Indonésiens toute l'année, de constater la place qu'occupent les légumes dans leur gastronomie. S'ils sont presque toujours présents, ils sont en quantités minimales et très peu variés.

Au menu des tables populaires, on peut également trouver le traditionnel nasi goreng (riz frit sauté) aux légumes, au poulet ou aux fruits de mer, ou le gado-gado (salade de légumes croquants nappée d'une sauce à la cacahuète) que les Indonésiens aiment accompagner de krupuk (chips aux crevettes).



Du côté des boissons, on trouve de délicieux thés glacés, les incontournables jus de fruits frais, et une chose étrange qui ne nous a pas convaincus : le es buah (glace pilée, cubes de gelée de fruits, spaghetti de gelée de fruits, et le tout est recouvert de plein de sirop bien artificiel et de noix de coco râpée). C'est à essayer au moins une fois !

vendredi 19 août 2011

En vélo ou en scoot'... on the road au coeur de Java...

L'île de Java, centre de la république d'Indonésie, est une île très densément peuplée. On y compte jusqu'à 828 habitants au kilomètre carré. Ce serait l'île la plus densément peuplée au monde. Elle compte aussi de grosses villes vraiment affreuses, comme Jakarta, dont nous ne parlerons sans doute pas. Mais paradoxalement, Java est une île magnifique où il fait bon vivre, où les campagnes sont superbes, où la végétation est luxuriante, où l'on trouve de nombreux villages et petites villes charmants et où il est facile de rencontrer une population chaleureuse et pas vraiment pressée...

Avant de terminer notre virée javanaise, nous sommes allés nous poser quelques jours au sud de l'île. A pied, en vélo ou en scooter, ce fut une belle occasion de contempler de superbes paysages et de faire des rencontres... On vous propose beaucoup de photos et peu de commentaires pour une fois ! 



Au sud de Java, entre Pangandaran et Batu Karas, c'est l'océan indien qui vient violemment se jeter sur les plages avec d'énormes vagues... La force de l'océan n'est pas propice à la baignade mais les plages de sable noir sont magnifiques. 



Dans le sud de Java, les plages sont souvent désertes. Parfois, on y croise des pêcheurs ou des dames qui ramassent des coquillages pour confectionner des bijoux... Ce qui nous frappe ici, c'est la bonne humeur chronique et communicative ! En discutant avec les gens, on rit tout le temps !



Des palmiers à perte de vue, du sable noir, un océan sauvage et l'horizon immense... On se croirait revenu au début des temps...



Java c'est également des rizières vertes, or et lumière, qui entre les palmiers bien verts et les petits villages, s'étendent à perte de vue vers le bleu azur d'un ciel sans nuage...



Dans les rizières aussi on fait des rencontres. Ces deux dames très sympathiques nous invitent à venir sur leur champ. Elles nous expliquent qu'elles sont du village tout proche, qu'elles fauchent le riz de la parcelle familiale et que la production est destinée à leur propre consommation. Ici, une grande partie de la population travaille dans les champs paisiblement. On trouve très peu d'exploitation de type industriel. C'est peut-être pour cela que les gens du coin ont l'air tellement serein...



Comme le soleil tape, les champs sont parsemés d'abris de bois et de feuilles. Les paysans peuvent s'y reposer ou s'y protéger d'un coup de chaleur.



Partout aussi, une fois le riz récolté (ici, il y a deux récoltes par an), on allume des feux pour rendre la terre plus fertile...



Il faut dire que les Indonésiens aiment beaucoup bouter le feu ! Un peu partout, il y a toujours des tas d'ordures, de détritus ménagers ou de végétaux qui sont en flamme. C'est d'ailleurs un souci auquel doit faire face les gouvernements indonésien, malais et de Singapour parce que la pollution atmosphérique due à ces feux perturbe réellement la vie des habitants de ces pays. L'air saturé de fumée est responsable de bien des problèmes écologiques et sanitaires... 


En se promenant de villages en villages, on tombe souvent sur de jolies petites mosquées très fréquentées aux heures de prières en ce mois de ramadan. Notons d'ailleurs qu'il ne nous est pas toujours évident de nous restaurer en journée !

Ici, une petite mosquée de style javanais...



Plus loin, une autre inspirée du style indo-moghol...



Enfin, Java, c'est des montagnes et des forêts bien vertes, pleines de palmiers, de feuillus, de fleurs et de bêtes qui piquent !



Pour une fois, nous n'avons pas croisé de serpent...



Les rivières sinueuses, à l'eau scintillante au soleil et bordées de palmiers, finissent de compléter le tableau résolument tropical de ce coin de Java...  

mercredi 17 août 2011

Dans la région de Jogjakarta

Jogjakarta est considérée comme la capitale culturelle de Java. Autant dire tout de suite que nous ne sommes pas tombés sous le charme. Il faut dire aussi que la cité est la première destination touristique de l'île et que ça se sent ! Après avoir passé des semaines dans des régions très peu touchées par cette industrie, nous revoici dans le chaudron ! Le harcèlement, combines foireuses et arnaques nous ont un peu refroidis... On aurait dit un relent d'Inde... Nous n'avons donc pas trop traîné à Jogjakarta qui, quoiqu'en disent les guides, n'est pas une ville si exceptionnelle !




Jogjakarta, comme tout Java, c'est surtout un nombre impressionnant de scooters et motos qui constituent un trafic dense et bruyant. C'est le batik, tissu "imprimé" traditionnel, devenu l'attrape-touriste officiel de la cité. C'est également un superbe marché central. Et c'est aussi un palais pas très impressionnant : le Kraton.... Soulignons que Jogjakarta et sa province constituent un territoire autonome toujours dirigé par son Sultan.



Le marché principal, le Pasar Beringharja, est plein de couleurs. On y trouve de tout, il est immense, animé et fascinant. L'ancienne section, à l'arrière du marché, rassemble d'innombrable étals de fruits et de légumes, dont certains que nous n'avions encore jamais vus. On y trouve également un choix d'épices et de piments hors du commun.




Pour la petite histoire, sachez qu'il y a de nombreuses épices que l'on ne trouvait exclusivement que dans certaines îles indonésiennes (les Moluques) il y a quelques siècles encore, comme le muscadier par exemple.

En nous promenant, nous avons rencontré cet homme très sympathique qui, une heure durant, nous a fait faire le tour du marché en nous expliquant beaucoup et en répondant à toutes nos questions sur les produits et l'agriculture.




La région de Jogjakarta, c'est aussi l'occasion de visiter les temple hindous de Prambanan. Ces temples ont été bâtis au IXème siècle de notre ère par la dynastie Sanjaya du premier royaume de Mataram pendant la période hindoue de Java... Ils ressemblent beaucoup à certains temples que l'on peut voir en Inde.




Non loin de Jogjakarta, se dresse également le temple bouddhiste de Borobudur, construit fin du VIIIème siècle.




Borobudur, c'est surtout une bonne raison de se promener dans les campagnes alentours, entre champs, montagnes et villages javanais aux maisons traditionnelles...




Les villageois sont accueillants et comme maintenant nous baragouinons un peu d'indonésien, c'est l'occasion de faire un peu la causette. Le village de Nglipoh est spécialisé dans la céramique. Même les personnes âgées pratiquent encore cet art ! Les villageois produisent essentiellement des ustensiles de cuisine qu'ils vendent sur les marchés locaux.



Qui dit Indonésie, dit volcans...

L'Indonésie est la première zone volcanique du monde, et dans la plupart des grandes îles, les cônes des volcans dominent le paysage. Ils ont été formés par les zones de subduction entre les plaques tectoniques eurasienne et australo-indienne. Les volcans indonésiens font partie de la ceinture de feu du Pacifique et beaucoup d'entre eux sont toujours en activité. L'Indonésie est d'ailleurs régulièrement le théâtre de séismes, d'éruptions volcaniques et de tsunamis. Le pays a subi 5 séismes majeurs sur les 10 dernières années.

Arrivés à l'est de Java, nous commençons la découverte de l'île par des randonnées sur des volcans très impressionnants !


Le Bromo

Comme déposé au milieu de la caldera du Tengger (ancien stratovolcan), le volcan Bromo est vraiment spectaculaire. Le paysage lunaire gigantesque qui l'entoure, la profondeur de l'horizon et l'impression de fin du monde constituent un paysage unique. Sur l'image ci-dessous, vous pouvez voir le Bromo et les 2 autres volcans qui ont émergé du vaste cratère de 10 kilomètres de diamètre. Le Bromo est le cône fumant. Il culmine à 2 329 mètres d'altitude et son cratère fait 800 mètres de diamètre et 200 mètres de profondeur. Toujours actif donc, de la fumée et des gaz sulfureux s'échappent continuellement du cratère. Tout au loin, le volcan Semeru, point culminant de Java (3 676 m) s'élève et crache lui aussi de la fumée...




Après avoir traversé la caldera et grimpé les pentes du volcan, nous voici au sommet du Bromo.




Sur la crête du cratère, nous ne sommes pas particulièrement à l'aise, une glissade serait fatale...




Les terres volcaniques font de Java une île particulièrement fertile. Malgré les risques, les paysans de Java habitent près des volcans et travaillent dans les zones dangereuses. Souvent, on peut voir les cultures grimper sur les volcans...




L'Ijen

Encore plus à l'est de Java, un autre superbe spectacle s'offre à nos yeux ébahis ! La randonnée sur les pentes du volcan Idjen est un poème. La végétation est luxuriante et les sommets des volcans voisins percent la couverture de nuages blancs qui couvre la vallée. Au loin, nous apercevons même la mer.




Une fois au bord du cratère, le paysage est à couper le souffle. Le cratère rocheux et fumant de l'Ijen est large et très profond. Au fond du cratère, un lac acide couleur turquoise scintille au soleil.




L'Ijen est toujours en activité. Sur un côté du cratère, de la vapeur de soufre s'élève... ça sent l'oeuf pourri !




Même si ce n'est pas conseillé, descendre dans le cratère vaut la peine. Se couvrir la bouche et le nez d'un foulard n'est pas du luxe, les vapeurs de soufre nocives piquent les yeux et brûlent la gorge...




Mais une fois en bas, le paysage est surréaliste...




L'Ijen est également le théâtre d'une activité pour le moins laborieuse... Chaque jour, quelque 300 ramasseurs (exclusivement des hommes) se lèvent tôt pour grimper au cratère et collecter à la main le soufre produit par le volcan. En réalité, le soufre, à l'état gazeux, sort de grosses conduites. Il est ensuite refroidi.et se liquéfie puis se solidifie enfin.




Les ramasseurs remplissent alors leur corbeille de 60 à 80 kilos de soufre qui paraît plus léger qu'il ne l'est ! Ils entament alors la remontée du cratère avant de redescendre tout le volcan... C'est un travail dangereux, toxique et harassant pour lequel ils sont payés une misère.



Le soufre de l'Ijen est utilisé pour des cosmétiques, des médicaments, des engrais et des insecticides ... Désormais, on ne craquera plus une allumette comme avant !!!

Une pensée pour la Papouasie-Occidentale !

Si les causes tibétaine, palestinienne ou kurde par exemple sont largement médiatisées, on entend nettement moins souvent parler dans nos médias de l'occupation indonésienne de la Papouasie-Occidentale. Et pourtant, pour exploiter l'or, le cuivre, le nickel, le gaz naturel et le pétrole de Papouasie, jusqu'à présent, les gouvernements indonésiens successifs n'ont jamais hésité à bafouer les droits de l'Homme et à imposer à la Papouasie-Occidentale une terrible et sanglante colonisation. Les Papous espèrent toujours l'indépendance mais vu l'importance économique que représente cette région pour Jakarta, celle-ci n'est sans doute pas pour demain. Nous ne développerons pas plus cette question sur ce blog mais nous vous invitons à vous documenter sur ce triste sujet.

Demandons-nous seulement combien de nations autrefois soumises à la colonisation sont aujourd'hui coloniales ? C'est fou parce que plus on voyage et plus on en apprend sur le monde, plus on se rend compte que tout gouvernement est colonial peu importe le régime. C'est comme si un gouvernement était toujours au moins un peu tyrannique par essence. Les élites des capitales imposent toujours leur idéologie... aujourd'hui développementiste. Ces élites des capitales monopolisent les ressources, confisquent les traditions et les cultures, détruisent tout ce qui n'est pas ce que "devrait être" la "nation" selon le modèle que constitue la belle société de la capitale. Les gouvernements de partout ont toujours été une tragédie pour les villages, les régions et les cultures locales. Il en va de Jakarta avec la Papouasie, ou de Pékin avec le Tibet ou le Xinjiang, comme de Paris avec la Bretagne, la Corse, le Languedoc ou le Pays Basque. Les états sont des fictions qui ne profitent qu'aux élites. Les élites des capitales, "civilisées", pleines d'ambitions pour les "nations" et à l'affut de toutes les opportunités économiques, détestent les "sauvages", qu'elles éduquent ou suppriment. Pourtant nous sommes tous des sauvages ! Aujourd'hui, l'offensive contre tous les sauvages du monde se poursuit, l'humanité se meurt, la culture disparaît !

 

Merde à l'avion !

Aujourd'hui, voyager sans prendre l'avion devient malheureusement difficile ! Dernier exemple en date, fin du mois passé, l'immigration indonésienne nous a contraint à prendre un billet d'avion de sortie du territoire comme seule condition à la prolongation de notre visa. Quand ce n'est pas une géopolitique catastrophique qui complique les choses, les gouvernements poussent tout simplement les gens à prendre l'avion. Par exemple, le visa délivré à l'arrivée sera de plus courte durée si vous entrez en Thailande par voie terrestre ! C'est que les troupeaux sont mieux contrôlés s'ils passent par la case "aéroport" !

Il y a également le fait que les liaisons aériennes en low-cost se développent à une vitesse inquiétante un peu partout. En Indonésie, il y a toujours moins de bateaux, parce qu'il y a toujours plus d'avions. Des liaisons navales entre l'Indonésie et la Malaisie ont même été purement et simplement supprimées à cause du low-cost. De plus, nous en avons fait l'expérience, s'il est très facile d'acheter n'importe quel vol, n'importe où dans le monde, en 10 minutes sur internet, acheter un billet de bateau c'est une autre histoire et, en Indonésie, pour sortir du territoire, c'est carrément impossible. Il faut donc prendre l'avion ! Merde !

Pourquoi ne pas aimer prendre l'avion quand on voyage ?

Evidemment, il y a notre éthique et nos valeurs écologiques et économiques qui souffrent chaque fois l'on doit prendre l'avion. Mais si cela nous "emmerde" vraiment de prendre un vol, c'est aussi et surtout parce que l'avion c'est tout sauf du voyage ! L'avion, c'est à chaque fois comme un coup de canif dans l'aventure du voyageur. Le touriste, qui n'a pas de temps à "perdre", raffole de l'avion parce que c'est facile, et surtout parce que le touriste a une destination. Le voyageur, lui, n'a pas de destination. Pour lui, le plus important c'est la route. Le voyage, c'est la route, une route pleine d'expériences, de rencontres, de paysages, de sourires, de croche-pieds et d'imprévus qui sont autant d'opportunités. Nous n'avons pas de destination, nous ne savons pas où nous allons et peu importe ! Le voyage, c'est comme la vie. L'important, c'est le chemin. Sur la route, on voit les cultures, les visages, les paysages et les gastronomies changer. C'est une douce évolution. Ici, il y a toujours un peu de ce que l'on a vu avant et de ce que l'on verra après. Le même et l'autre se mélangent. En prenant son temps, on comprend mieux le monde, on perçoit mieux sa complexe beauté. On prend conscience aussi que les frontières n'existent pas, qu'elles ne sont que le fruit de l'abus de pouvoir des gouvernements. On comprend que tout gouvernement est colonial ou dictature. Quand on voyage, que l'on se ballade tranquillement d'une région à une autre, quand on laisse la place à la rencontre, celle qui prend du temps, quand on prend le temps de goûter aux kilomètres qui passent, on appréhende mieux les réalités, les modes de vie et les cultures. Quand l'avion arrache le voyageur à la route, il brise son voyage ! Après chaque atterrissage, nous devons reconstruire, retrouver nos repères de voyageur, renouer le fil perdu de la route que l'on a laissée derrière nous mais qu'il nous faut reprendre. A chaque fois que nous prenons l'avion, nous nous demandons si le voyage n'est pas en danger. Pendant combien de temps encore sera-t-il possible de voyager ?

Une virée sur un Pelni...

Aujourd’hui, avec les vols low-cost, pourquoi prendre le bateau ? Pourquoi "perdre" son temps à prendre un bateau de la Pelni, c'est-à-dire de la compagnie de navigation nationale d'Indonésie, qui avant l'avènement de l'aviation low-cost était la seule à relier les différentes îles indonésiennes entre elles et qui aujourd'hui encore, permet de rejoindre les territoires les plus reculés de ce grand pays ? La question est posée...

Pour nous, prendre le bateau est une évidence pour plusieurs raisons. D'abord, le bateau, c'est l'océan, les vagues, un superbe panorama et des levers et couchers de soleil qui laissent rêveur. C'est se planter sur le pont, cheveux au vent, regard perdu sur l'horizon... Ensuite, contrairement à ce que l'on pense généralement, le bateau c'est moins cher pour le routard, puisque le coût du bateau représente une journée ou deux, une nuit ou deux et des repas. Le bateau c'est aussi prendre le temps de voyager. C'est apprendre à attendre, c'est la sieste, c'est lire, c'est penser, et c'est préparer la suite du voyage… Sur un bateau, on appréhende beaucoup mieux les distances, ce qui permet peut-être d’apprécier différemment la destination. Enfin, le bateau c’est la rencontre et la découverte.

Le 31 août, nous avons quitté Macassar sur Sulawesi avec le Tidar, un gros ferry qui peut transporter environ 2000 personnes. Notre destination est Surabaya sur l'île de Java. Le trajet dure 26 heures et nous avons passé une nuit en mer.




Le Tidar est un gros bateau qui compte 8 niveaux. La plupart des niveaux sont aménagés en dortoir. Il y a un pont ou l'autre avec des cabines aussi. Si nous avons un ticket, ce n'est pas pour autant que nous avons une place attitrée... Arrivés dans le bateau, nous trouvons deux couchettes dans un dortoir de 270 personnes. Nous sommes les seuls étrangers à bord.




Comme en Inde, et encore plus en Chine, en Indonésie nous n'arrêtons pas de nous faire prendre en photo ! Cette traversée est également l'occasion de quelques clichés et contrairement aux Indiens, les Indonésiens demandent la permission...




A l'heure de la prière, la salle qui sert de mosquée se remplit rapidement. Devant chaque entrée, les chaussures s'accumulent... Cette nuit, le ramadan commence.




La promiscuité des dortoirs est propice aux rencontres... Cette dame était notre voisine de couchette et était particulièrement bienveillante envers nous. Nous avons même fait un petit bout de chemin avec elle une fois sur la terre ferme...




Un p'tit coucou depuis la mer de Java...



Macassar... une ville asiatique !

Même une superbe île comme Sulawesi a sa ville chaotique ! Et oui, quelle ne fut pas notre surprise après trois semaines passées sur Sulawesi, à découvrir des paysages magnifiques, à rencontrer des gens charmants, à traverser de beaux petits villages prospères et tranquilles, à arpenter de sympathiques petites cités provinciales et à paresser sur de superbes plages, de tomber dans le chaudron de Macassar, l'infernale plus grosse ville de l'île.

Macassar fut la porte de l'Indonésie orientale pendant des siècles. C'est d'ici que les Néerlandais contrôlaient le trafic maritime entre l'Ouest et l'Est. Aujourd'hui, Macassar est une grosse ville de1,6 millions d'habitants qui comme la plupart des grosses villes asiatiques que nous avons traversées jusqu'à présent est surpeuplée, over-polluée, dégoutante, laide, congestionnée par un trafic fou, pleine de béton, à l'air irrespirable et extrêmement bruyante... bref : invivable !

Dans le quartier où nous dormons, les bars et les karaokés sont louches... C'est le quartier de la prostitution. Les rues de ce quartier sont encore plus sombres qu'ailleurs. Le soir, sur notre passage, les rats fuient les monticules d'ordures qui graissent les trottoirs... Cela nous rappellent Colombo ou Delhi.

Pourtant, c'est dans un resto de rue de ce quartier que nous allons passer de bons moments. Les gens nous y accueillent avec curiosité et beaucoup de questions. Quelques mots en anglais, quelques autres en indonésien, l'ambiance est sympa. Ils nous offrent à boire et à manger. Ils ne veulent rien en retour, c'est un peu gênant ! Nous y passerons même une soirée assez arrosée de laquelle nous rentrerons aux petites heures... Rencontres et découvertes étonnantes !




Bateaux bugis et plages désertes à Pintai Bira

Au sud de Sulawesi, les routes sont superbes. Elles longent les rizières, traversent des prairies chargées de palmiers et relient les villages de pêcheurs. Nous y observons les belles maisons de bois sur pilotis, au toit pointu, et pleines de couleurs très vives, caractéristiques de la région.

Bira est un petit village calme et charmant. Dans les rues de Bira, il y a plus de chèvres que de véhicules. Ici, chacun prend son temps. La vie coule lentement. Dans l'après-midi, le village somnole alors que les petits commerces, désertés par leur tenancier, restent ouverts... Le panorama est magnifique et les plages de sable fin et doux invitent à la paresse. Il suffit de s'éloigner du village de 2 ou 3 kilomètres pour découvrir de véritables plages désertes paradisiaques, une mer émeraude, une eau transparente et des palmiers de noix de coco en abondance...




Les mosquées aussi sont pleines de couleurs. Ici, celle de Bira.




Sur la côte, en se promenant à l'est du village, nous avons fait la découverte d'un petit chantier naval. Nous sommes ici sur la plage de Marumasa et il s'agit en réalité d'un endroit où des Bugis construisent quelques bateaux à même le sable. En fait, les Bugis (un des peuples de Sulawesi) sont les marins les plus célèbres d'Indonésie, commerçant et transportant des denrées sur leurs splendides goélettes en bois dans tout l'archipel depuis très longtemps. Aujourd'hui, il y a des Bugis à Bornéo, à Singapour et en Malaisie et, comme ici, ils construisent toujours les pinisi (goélettes) selon des plans et des techniques séculaires transmises de génération en génération. Il paraît que l'on retrouve même des représentations de leurs bateaux dans des peintures aborigènes en Australie datant de 500 ans. A Marumasa, nous avons vu au moins 3 gros bateaux en construction sortir des palmiers et avancer leur proue sur la plage de sable blanc dominant ainsi "déjà" l'océan... Impressionnant !
   



Comment ne pas terminer cet article sur Bira sans une ou deux photos des superbes plages désertes où il fait bon prendre son temps à l'ombre des palmiers...




lundi 25 juillet 2011

Une fabuleuse région : le pays Toraja...

Au centre de la région de Sulawesi sud, nous avons fait une découverte exceptionnelle : celle du pays Toraja. Si cette région est tellement particulière, c'est parce que l'on y trouve des paysages à couper le souffle, une architecture originale, des traditions ancestrales encore bien vivaces, une population chaleureuse et surtout ce qu'il manque aujourd'hui à beaucoup de régions : de l'authenticité ! Se promener dans les campagnes torajas donne l'impression de vivre l'aventure d'un anthropologue.

C'est dans les montagnes de Sulawesi, entre jungle et rizières, dans un univers de bleu et de vert intenses, où la pluie peut prendre la place d'un soleil généreux en quelques instants, que vivent les Torajas. Pendant des siècles, la vie et la culture torajas survécurent à la menace des peuples voisins et puis à celle du colonisateur néerlandais. Aujourd'hui, sur les quelques 650 000 Torajas, environ 450 000 habitent toujours dans ce que l'on appelle "Tana Toraja" (le pays Toraja).

Les dessins traditionnels torajas représentent des buffles, le soleil, la faune et la flore de manière stylisée.




Dans la région rurale autour de Rantepao et Makale (les deux petites villes du pays Toraja), se trouvent d'innombrables petits villages constitués de maisons traditionnelles appelées tongkonan. Ces maisons, qui constituent toujours le lieu de réunion des familles, ne peuvent être ni achetées, ni vendues. Leur taille et leur beauté sont remarquables. Ce qui surprend surtout, ce sont leur haut toit en forme de bateau. Certains y voient aussi la représentation d'une corne de buffle, animal très important pour les Torajas.




En face de ces maisons, on trouve souvent des greniers à riz semblables aux maisons mais en plus petits.




Il y a encore une cinquantaine d'années, les Torajas mettaient les nourrissons décédés dans les troncs d'arbres. Cela devait leurs permettre de rejoindre plus rapidement le paradis.




En se baladant dans la campagne, on trouve également des tombes de toutes sortes. Les plus remarquables sont creusées directement dans la roche, à flanc de montagne... Cela empêcherait le vol des objets avec lesquels sont enterré les defunts.


Mais ce qui est le plus impressionnant dans la culture toraja, ce sont les cérémonies funéraires... Malgré un christianisme très vivace chez les Torajas (80 % de chrétiens et 20% de musulmans), les croyances traditionnelles sont encore assez fortes. Cela donne une couleur particulière à la vie sociale des Torajas.

De toutes les cérémonies torajas, la plus importante est le tomate, c'est-à-dire les funérailles. Si les rites funéraires appropriés ne sont pas effectués, l'âme du défunt provoquera le malheur de la famille.



Les Torajas organisent généralement deux cérémonies funéraires : une, immédiatement après la mort et une autre, la plus importante, après l'achèvement des préparatifs et quand toute la famille est réunie. Les plus importantes ont souvent lieu en juillet et en août, même si le décès a eu lieu plusieurs mois plus tôt.




Les funérailles durent plusieurs jours, généralement quatre jours, et des centaines d'invités sont conviés. Les premiers jours sont ceux de la procession des invités et des danses. Le dernier jour, la famille du défunt excécute un nombre de buffles relatif à la caste du défunt. Pour la caste la plus importante, 24 buffles doivent être tués. Si le nombre de buffles approprié n'est pas sacrifié, le défunt risque de ne pas accéder au paradis et son esprit errant risque d'hanter sa famille.




Le partage et l'exécution des buffles est également une démonstration de force pour la famille. Un buffle peut coûter plusieur milliers d'euros. Certains Torajas travaillent toute leur vie pour payer des funérailles !




L'exécution des buffles en elle-même est assez impressionnante. En 20 minutes, sur la place du village, une vingtaine de buffles très massifs est égorgé d'un seul geste précis. Des litres de sang s'écoulent tandis que les bêtes s'entassant les unes sur les autres agonisant dans les convulsions...




Lors de notre séjour chez les Torajas, nous avons eu l'occasion d'assister à deux cérémonies funéraires... C'était vraiment intéressant !


Enfin, le pays Toraja, ce sont de superbes marchés où les bêtes sont également à l'honneur. Ici, sur le marché de Makale, les cochons grognent en attendant d'être vendus...




Plus loin, le poisson est bien frais puisqu'il est toujours vivant !!!




Le pays Toraja, c'est aussi une grande variété de riz produit par les petits paysans propriétaires de leurs champs...




...et des légumes et des fruits qui viennent directement des potagers... Nous, nous nous goinfrons de fruits de la passion !