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samedi 24 septembre 2011

La cuisine nyonya

Les cuisines malaise et singapourienne à proprement parler sont pour ainsi dire identiques à la gastronomie indonésienne : du riz frit, des nouilles sautées, du poulet ou du poisson frits, ou encore des brochettes de poulet ou d'agneau accompagnées d'une sauce à la cacahuète (satay). On trouve également à tous les coins de rues des restaurants chinois ou des échoppes indiennes où il est possible de retrouver l'exacte saveur des mets de ces contrées asiatiques.


Du déjà vu (et du déjà gouté) nous direz-vous. Et bien non ! Avec surprise, nous avons eu le plaisir de découvrir une cuisine innovante et authentique : la gastronomie nyonya. Ce qui fait ici la particularité et l'originalité de cette gastronomie, c'est le mélange des cuisines chinoise et malaise, avec selon la région, des touches thaï ou indienne. Contrairement aux cultures qui se sont juxtaposées, les saveurs, elles, ont fusionné pour créer quelque chose de neuf.

Parmi les  plats qui nous ont séduit, nous pouvons citer le nyonya laksa qui est une soupe de nouilles au lait de coco agrémentée de fruits de mer, les popiah qui sont une version malaise des rouleaux de printemps et qui sont confectionnés principalement à base de navet et d'une sauce dont seul le cuistot a le secret, ou les nombreux curries relevés de viande ou de grosses crevettes.

Ici, pour trouver les meilleures préparations, et les plus traditionnelles, rien de tel que de se rendre dans un marché de nuit ou dans un food court. Seule difficulté : faire son choix parmi des centaines d'étals avant de se régaler !

Malais, Chinois et Indiens...

Nous l'avons déjà dit, la Malaisie, c'est une mosaïque de cultures. La population malaisienne est composée à 62 % de Malais, 25 % de Chinois, 10 % d'Indiens et le reste, de populations autochtones. Malgré quelques tensions et épisodes dramatiques, la cohabitation entre les différents groupes ethniques de Malaisie se passe "calmement". Le malais est la langue officielle mais le chinois, l'anglais et le tamoul sont largement utilisés. Ceci dit, Malais, Chinois et Indiens se mélangent très peu, chacun vivant dans ses quartiers selon ses propres coutumes et sa propre religion. La gestion de l'Etat et le secteur public sont aux mains des Malais, tandis que Chinois et Indiens tiennent les rênes de l'économie.

Si les Malais sont les plus nombreux, ce ne sont pas eux que l'on voit le plus. Le dynamisme de la Malaisie vient plutôt de sa communauté chinoise. Pour tout dire, nous n'avons pas trouvé les Malais très accueillants. En réalité, nous n'avons fait aucune rencontre en 1 mois passé sur la péninsule, et c'est la première fois en 11 mois de voyage ! Cela contraste beaucoup avec l'accueil et la bonne humeur indonésienne ! Les Malais sont assez renfermés sur eux-mêmes, ils communiquent peu et sont des musulmans assez rigoristes (pas évident pendant le Ramadan). Alors qu'en Asie "tout est possible", ici, c'est plus difficile... c'est même parfois problématique. Ce qui est spécial, un peu partout dans les villes de Malaise, c'est que tandis que les Malais musulmans jeûnent pendant le Ramadan, les Chinois, accueillants et bons vivants, ouvrent leur resto, mangent beaucoup de porc et boivent beaucoup de bières, tandis que les Indiens plus réservés cantonnent leurs activités, restos végétariens et bijouteries, autour de leurs temples hindous ou de leurs mosquées. La Malaisie, c'est plusieurs univers imperméables qui cohabitent... 


Ici, la mosquée Kapitain Keling à Georgetown.



Plus loin, trottoirs et maisons nyonyas, toujours à Georgetown...



... où l'on trouve beaucoup de temples chinois mêlant confucianisme, taoïsme et bouddhisme.




La religion des ancêtres a toujours une grande importance pour les Chinois de ce coin du monde. Une belle réussite matérielle signifie que les ancêtres sont contents et veillent. Les Chinois ont alors à coeur de la rendre ostensible.



Dans les environs d'Ipoh, on trouve de jolies grottes bouddhistes...



vendredi 23 septembre 2011

Désert vert...

De Singapour à Kuala Lumpur, de Mersing à Malacca, de Kuala Lumpur à Ipoh et de Ipoh à Georgetown, bref du sud au nord et d'est en ouest, un mal ronge la Malaisie péninsulaire : la culture du palmier à huile.

La Malaisie n'est pas le seul pays de la région à voir la catastrophe se propager. En Indonésie et dans le sud de la Thaïlande aussi, on déboise pour planter ce palmier. Mais en Malaisie continentale, le phénomène saute aux yeux tellement, partout, il rend le paysage austère. Où sont les villages, les rizières et les superbes paysages qui nous laissaient rêveur en Indonésie ? Et où est la forêt, cette superbe jungle, coffre à trésor d'une faune et d'une flore exceptionnelles qui, il y a peu de temps encore, s'épanouissaient ici ? Les kilomètres défilent, on a beau regarder de chaque côté, on ne voit rien d'autre que ces palmiers à huile venus d'Afrique et qui n'ont même pas l'impertinence de ne pas pousser en ligne droite...




Pourtant, quand le ciel est bleu, on pourrait se laisser berner. Finalement, un palmier c'est vert, c'est beau, c'est la vie... et en plus, pour nous, c'est exotique ! Mais ne nous y trompons pas. Ce que nous observons là, à perte de vue, c'est bien ce que l'on appelle un désert vert. Avant, il y avait la jungle : poumon de la région, machine naturelle à purifier l'air et l'eau, système à réguler le climat, collection incommensurable d'organismes vivants de toutes sortes indispensables à l'équilibre et à la richesse de la Terre, au progrès humain et à la prospérité de tous. Avant il y avait la vie. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un champ de palmiers, une monoculture industrielle et chimique, une terre qui s'appauvrit et se salit, beaucoup de pollution invisible, de l'eau sale et un silence assourdissant. Aujourd'hui, on cultive la mort. Le désert avance, il est vert, mais c'est un désert quand même ! 

Si l'on cultive le palmier à huile, c'est pour l'industrie agroalimentaire surtout, pour celle des cosmétiques un peu et très peu pour produire des biodiesels, bien que cette part tende à s'accroître.  La culture de ce palmier est peut-être bonne pour la "croissance" économique des pays du Sud, mais elle est mauvaise pour la forêt, pour la biodiversité, pour la souveraineté alimentaire des populations, pour la liberté et le respect des droits des peuples autochtones et, parce que son huile est riche en acides gras saturés, pour la santé de tous ! La culture du palmier à huile prouve enfin que la "croissance" économique actuelle n'est bonne pour personne, surtout à moyen et long terme. Cette "croissance" économique là désertifie... Elle sème la mort !


Quand Liège est dans la place....

Le 21 août, nos amis débarquent en Malaisie pour 15 jours de vacances ! Après presque 11 mois de voyage, quel plaisir de revoir Pierre, Nicolas C., Nicolas P., Steph et Flo. Pour nous aussi, ces deux semaines constitueront de belles vacances... Ce fut une chouette bouffée de belgitude !!!

Deux semaines, ce n'est pas beaucoup! Sans trop tarder, il faut se mettre en route, avec au programme, les grands classiques du tourisme en Malaisie : Kuala Lumpur, la forêt de Taman Negara, l'île de Tioman et enfin, la cité de Malacca. On vous propose peu de commentaires et beaucoup de photos... 

Première étape : Kuala Lumpur. Pour se remettre du décalage horaire et s'acclimater à la chaleur, rien de tel que la cuisine malaise... du riz, du poisson frit et pas mal de piments... C'est amusant, on se retrouve comme si l'on ne s'était jamais quittés !




Kuala Lumpur, c'est aussi l'occasion de se faire "bouffer" les pieds par les poissons ! Il s'agit en fait des "poissons docteurs" qui mangent les peaux mortes des pieds... Cela constitue une thérapie très à la mode en Asie du Sud-Est. C'est surprenant au début, mais l'on s'y fait. 




Et pourquoi ne pas goûter au durian (à prononcer "douriane"),  qui est un fruit qui pousse sur un arbre tropical du même nom et qui n'est récolté que dans le sud-est de l'Asie. Un durian peut peser jusqu'à 5 kg et se présente avec une carapace de grosses épines (son nom vient même d'épine" en malais), mais il est surtout connu pour son goût et son odeur très particuliers... en fait, disons-le franchement : il pue !!! A tel point, qu'il est interdit dans certains lieux publics, dans les transports en commun et dans certains hôtels. Nicolas apprécie tout particulièrement !




Deuxième étape : la jungle de Taman Negara, une des plus anciennes du monde. Voici la fine équipe avant d'entamer une journée de randonnée dans la jungle... les sourires sont encore sur toutes les lèvres ! Tiens, tiens, mais pourquoi Stéphanie a t-elle décidée de se déguiser en footballeur ? Etrange...




Il fait chaud et moite. Et le terrain est très accidenté. On monte, on descend. On transpire beaucoup. C'est fatiguant mais la forêt est belle.





Et puis très vite, on doit se battre avec les sangsues. Il y en a des centaines, elles sont partout et profitent de la moindre occasion pour se coller à nos chaussures, puis se faufiler à travers nos chaussettes pour nous sucer le sang... Rien ne sert de lutter, c'est impossible d'y échapper... même pour Rambo Persoon et ses ABL tunées au ruban rose bonbon !




Malgré la chaleur, l'humidité et les sangsues, il est toujours agréable d'apprécier le paysage, ce n'est pas Pierre et Nicolas qui vous diront le contraire.



Ni les autres d'ailleurs...




Il faut quand même avouer que nous n'avons pas vu grand chose rayon faune et flore. Il faut dire aussi que nous avons passé beaucoup de temps à regarder nos pieds, pour savoir où les poser et pour guetter les sangsues. Voici quand même le cliché d'un joli tableau : un tronc couvert de champignons rouges dans une folie de vert...




Troisième étape : l'ile de Tioman. Malgré les plages, là encore, une petite virée dans la jungle s'impose... Tioman c'est également l'occasion de faire du snorkelling et de voir de magnifiques poissons, coraux, coquillages et même des tortues de mer. Tioman c'est surtout la fête de la chanson française à bord de rafiots échoués... en compagnie de sympathiques Malais (Humhum... cherchez l'erreur !).




... et une petite baignade le cas échéant.



Sur Tioman, il est possible de manger des pancakes verts, ce qui a priori pouvait plaire à Nicolas... Sauf que tout ce qui est vert n'est pas forcément bon ! Hein Nicolas ?




En cette fin de mois d'août 2011, c'est le Ramadan et ça se sent, surtout à l'heure des repas. Heureusement, les Chinois sont là avec leur gras de porc, leurs bières pas chères et leurs restos de rue ouverts à toute heure. Il faut bien l'avouer, la Malaisie sans les Chinois ce serait un peu tristounet.





Dernière étape, Malacca. L'ancien comptoir colonial est l'occasion de boire un dernier verre... Merci qui ? Merci les Chinois !!!





Merci encore les gars d'être venu nous faire un p'tit coucou ! A très bientôt,... dans la cité ardente cette fois !

Kuala Lumpur

Alors que nous n'avons pas vraiment aimé la Malaisie, nous avons beaucoup apprécié Kuala Lumpur ! Il faut dire que la capitale malaise est conviviale, que c'est une ville encore à taille humaine (1,5 millions d'habitants) et que c'est culturellement un concentré d'Asie.

Kuala Lumpur, c'est l'héritage de la colonisation anglaise, ce sont les rues grouillantes de Chinatown où l'on mange sur le trottoir à toute heure du jour et de la nuit, c'est Little India où l'on déguste un thali, ce sont les temples chinois, les temples hindous, les mosquées dont la Masjud Negara près du très beau et intéressant Islamic Arts Museum, ce sont les marchés, les rues aux vieilles maisons colorées, ce sont les quartiers d'affaires modernes, c'est la KL Tower, ce sont les tours Petronas et de la verdure un peu partout... Ici, où il y a encore un siècle et demi s'épanouissait une jungle sauvage, tradition et modernité sont le spectacle quotidien d'une capitale asiatique en plein développement.

Dans le centre ville, le bâtiment de la Haute-Cour de justice à l'architecture mauresque-indienne rappelle la période anglaise...




Un peu partout dans le centre, on trouve les maisons nyonya au charme désuet qui sont peu à peu grignotées par la modernisation de la ville. Ces maisons anciennes ont été construites par les Baba-Nyonya, ou Peranakan, ou Chinois des détroits, qui sont les descendants des premiers immigrants chinois installés, dès le XVème siècle, dans les colonies britanniques de Malaisie (Kuala Lumpur, Malacca, Penang, Singapour).




Qui dit Kuala Lumpur, dit les tours Petronas. Les emblématiques tours jumelles Petronas ont été inaugurées en 1998. Hautes de 452 mètres et comptant 88 étages, ces immeubles ont été les plus élevés du monde jusqu'en 2004.

En plus des bureaux de Petronas, l'édifice contient plus d'un million de m2 de boutiques et lieux de divertissement, une salle de concert, une mosquée, un centre de conférence multimédia et une salle de bowling.

Pour information, Petronas est la compagnie pétrolière et gazière nationale. Fondée en 1974, elle a le monopole de l'exploitation, du développement et de la production de toutes les ressources pétrolières du pays. Au fil des années, Petronas est devenue une multinationale et l'une des sociétés les plus rentables du monde. Pourtant, Petronas est toujours une société publique ! Voila de quoi tordre le cou aux idées reçues à l'heure de la privatisation à outrance... Ainsi, Petronas contribue à plus du tiers du budget annuel de la Malaisie. Depuis 1974, on estime que l'entreprise a rapporté à l'Etat malaisien l'équivalent de 93 milliards d'Euro, c'est-à-dire de quoi bien remplir les caisses de l'Etat !




Ici, la mosquée Jamek implantée au confluent du Sungai Klang et du Sungai Gambak où débarquèrent les fondateurs de la ville...




Au pied d'un petit immeuble, un gopuram se dresse nous signalant l'entrée d'un temple hindou...




Plus loin, c'est un temple chinois qui ravit notre curiosité...




Dans Chinatown, les rues sont animées. Les stands de rue proposent de la nourriture chinoise à toute heure du jour et de la nuit : c'est barbecue sur le trottoir où il fait bon s'asseoir et boire une bière pour observer l'agitation urbaine.





Asie du Sud-Est, Tigres et Dragons asiatiques ?



Juste pour information et parce que ces expressions peuvent revenir souvent dans ce blog :

L'expression "Asie du Sud-Est" désigne la région située au Sud de la Chine et à l'Est de l'Inde. Elle comprend les pays suivants : la Birmanie (Myamar), Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Timor oriental et le Vietnam. 

L'expression "Tigres asiatiques" désigne les Etats qui sont dits "nouveaux pays exportateurs" (NPE). Ce groupe comprend : l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam.

L'expression " Dragons asiatiques" désigne les quatre "pays" d'Extrême-Orient à forte croissance industrielle dans la seconde moitie du XXème siècle. Ce sont la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et Hong-Kong. Ces pays sont considérés comme "développés" depuis les années 1990. Aujourd'hui, ils jouissent d'un niveau de vie comparable à celui des pays de l'Union Européenne.



Selamat datang di Malaysia

Bienvenue en Malaisie.

Ce pays d'Asie du Sud-Est s'étend sur quelques 329 750 km2. Il est composé de la Malaisie péninsulaire, (appelée également Malaisie occidentale ou continentale) et de la Malaisie orientale qui se trouve au nord de Bornéo. La Malaisie est une monarchie fédérale constitutionnelle composée de 9 sultanats héréditaires, de 4 Etats non monarchiques et de 3 districts fédéraux. La capitale du pays est Kuala Lumpur. 

Disposition constitutionnelle assez remarquable, le roi de Malaisie est élu pour 5 ans par le Conseil royal parmi les 9 sultans que compte la Fédération de Malaisie. Le premier souverain a été élu en 1957 lors de l'indépendance (Royaume-Uni) et un ordre cyclique a été établi entre les Etats. 



Le drapeau de la Malaisie ressemble beaucoup à celui des USA. Il comprenait initialement quatorze bandes parce qu'elle réunissait autrefois quatorze États. Lorsque Singapour quitta la fédération malaisienne en 1965, on maintint les quatorze bandes en attribuant la quatorzième aux districts fédéraux. Dans le quartier bleu en haut à gauche, les symboles musulmans de l'étoile et du croissant sont représentés.

La Malaisie, qui compte environ 27 millions d'habitants, présente une grande diversité culturelle. Si les "Malais" représentent 62 % de la population, 25% des "Malaisiens" sont d'origine chinoise et 10% d'origine indienne. Il faut également compter les Orang Asli, c'est-à-dire les populations autochtones, qui vivent encore parfois dans les jungles. Les 3/4 de la population réside en Malaisie péninsulaire. Le terme "Malais" désigne donc ce qui est relatif à la langue, la culture et l'ethnie malaise. Le terme "Malaisien", quant à lui, désigne ce qui est relatif à la Malaisie comme Etat et donc tout citoyen de cet Etat sans distinction ethnique.

Au point de vue économique, la Malaisie est un des "tigres asiatiques", c'est-à-dire qu'elle est un des "nouveaux pays exportateurs" (NPE) d'Asie du Sud-Est. Généralement, on estime que sur les 25 dernières années, la Malaisie est passée du stade de pays dit "en voie de développement" à celui de pays dit "développé". L’essor économique de la Malaisie se réalise grâce à la modernisation des transports, des communications et des infrastructures énergétiques, ainsi qu’au développement des zones industrielles et aux incitations fiscales pour les investisseurs dans des industries d’exportation. La Malaisie est devenue un leader mondial dans la production de composants électroniques et elle est le premier pays d'Asie du Sud-Est à concevoir et produire une voiture, la Proton, qui est exportée dans le monde entier. Les principales ressources du pays sont l'or, l'étain, le fer, le gaz, le pétrole, le bois, le caoutchouc et l'huile de palme. Le développement économique et l'exploitation des ressources naturelles contribuent à transformer l'environnement du pays et engendrent de nombreux problèmes écologiques.