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lundi 6 décembre 2010

Dernière halte en Turquie : Antakia.

Antakia, c'est l'antique Antioche. Une ville intéressante non pour son patrimoine (la ville moderne recouvre entièrement la ville antique) mais pour sa mixité culturelle et sa diversité religieuse qui caractérisent bien le Moyen-Orient. On y parle turc et arabe et on y trouve des mosquées, une synagogue, une église catholique, une église grecque orthodoxe, une église maronite et même un temple protestant coréen.

Antakia est située près de la frontière turco-syrienne et jusqu'en 1939 elle faisait partie de la Syrie sous "mandat" français. Les Syriens n'ont d'ailleurs jamais accepté de "perdre" la province d'Antakia : en Syrie on édite toujours toutes les cartes du pays en y intégrant Antakia.

Notre traversée de la Turquie a vraiment été une expérience superbe à tous points de vue et surtout du point de vue humain. En Turquie l'étranger est un invité !

Le jeudi 11 novembre nous quittons le pays pour la Syrie nous n'aurons pas accès au blog !


L'église orthodoxe au coucher du soleil...


La ville antique ressurgit à l'occasion de travaux...



Beaucoup de couleurs dans les marchés...


mercredi 10 novembre 2010

La Turquie, Asie ou Europe ?


Cela fait un mois que nous nous balladons en Turquie. Plus nous y voyageons, plus nous l'observons, plus nous nous disons que la Turquie est plus ''européenne'' que nous ne l'imaginions. En disant cela, nous nous rendons compte de la bêtise que nous écrivons. La Turquie est tout simplement turque ! Pourquoi vouloir faire choisir à ce pays à la croisée des cultures un continent ? Pourquoi la vouloir asiatique ou européenne ? Et puis, que peut bien pouvoir signifier ''être européen''. Mais cet excercice est à la mode. Il est suscité par la candidature turque à l'adhésion à l'Union Europénne. Cette semaine encore la presse européenne se préoccupait du peu de chances de voir la Turquie intégrer l'Union. 

Dans cet article nous ne faisons pas de politique. La Turquie est un pays complexe et nous ne la connaissons pas assez. Mais voici simplement notre sentiment sur la société turque telle qu'elle se livre à nous. Nous avons l'impression que la société turque est europénne dans le sens que nous voudrions toujours donner à ce qualificatif. Bien sûr, la culture turque a des racines plongées dans l'Aie centrale et d'autres dans l'Islam, mais la société turque est également un pont moderne entre les cultures orientales et occidentales. La volonté de la Turquie moderne de s'arrimer à l'Europe et à ses valeurs en fait également une société tout à fait singulière. La société turque, c'est un mélange de respect des traditions, de la religion, des anciens, de l'étranger, de la modernité, de la laïcité, de l'égalité, et de la citoyenneté. La Turquie souffre encore de quelques-uns de ces vieux démons hérités de la fin du règne ottoman. Tout ne se passe pas toujours facilement. Dans ce pays musulman où le voile est interdit à l'école et pour les fonctionnaires, la question du port du voile fait aussi débat. Mais depuis les steppes de Mongolie aux réformes d'Atatürk, la société turque a toujours démontré qu'elle sait s'adapter pour le bien de ses enfants.

L'Europe se veut tolérante, humaniste, laïque et démocratique. La société europénne l'est parfois et de moins en moins ! La société turque l'est certainement tout aussi souvent, et sans doute beaucoup plus ! Et une chose est certaine, forte de ses expériences historiques et présentes, la société turque doit inspirer la société européenne qui se cherche, perdue dans la mondialisation.

Mais quand nous disons que la société turque est europénne nous ne plaidons pas pour l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne. D'abord parce que dans l'état actuel des choses, pour le bien du projet européen, l'Union devrait préférer l'intégration à l'élargissement qui n'est qu'une fuite en avant pour ceux qui veulent diluer le projet européen. Ensuite et surtout, parce que vu l'état lamentable de la démocratie européenne (peut-on parler de démocratie européenne quand le pouvoir est aux mains d'une caste d'oligarques bureaucrates néo-libéreaux) et de la nature que prend actuellement le projet européen, qui est désormais le cheval de Troie des politiques néo-libérales les plus sauvages, POUR LE BIEN DE LA TURQUIE, elle ne devrait sans doute pas adhérer à l'UE maintenant. Sans-doute devrait-elle se limiter à une coopération privilégiée.    

La Cappadoce, terre de surréalisme...

Paysage de steppes semi-arides sur un haut-plateau, l'Anatolie centrale est entourée par de hautes montagnes et au centre une merveille : la Cappadoce.

La Cappadoce, c'est d'abord des paysages uniques, époustouflant ! Le sol de ce plateau, constitué d'un terrain volcanique très tendre, le tuf, un agglomérat de cendres et de boues, a été intensément érodé. Résultat : lézardé, creusé, désagrégé et usé, le paysage a pris un aspect singulier ou se laissent entrevoir les différentes couches de roches aux couleurs différentes. La montagne apparaît alors comme un gros gâteau constitué de plusieurs couches...



Les pentes ocres et boursouflées jouent avec le soleil, et les ombres ne cessent de courir le long de la montagne tout au long de la journée... 



Souvent aussi, des formes très spéciales s'invitent dans la vallée...



La montagne en devient même indécente ! On appelle cette vallée "la vallée de l'amour"... Allez savoir pourquoi ? 


Mais la Cappadoce, c'est aussi une région au croisement des cultures et des civilisations où les influences orientales et occidentales se mêlent depuis des millénaires. La Cappadoce est donc un pays riche en histoire et en patrimoine.

Au début du christianisme, les premiers chrétiens persécutés se sont cachés dans les montagnes et les vallées de Cappadoce. Ainsi, les montagnes et rochers aux formes si spéciales ont-ils été creusés pour constituer les maisons, couvents et églises des premiers adeptes de la religion de Saint-Paul.

Ici, un ancien couvent...




Là, des chapelles creusées dans la montagne...



Les chapelles ont-été embellies pendant la période byzantine. Après un peu d'escalade, on peut admirer de superbes fresques bien préservées et surtout que l'on ne s'attend pas à trouver là !



Parfois, au coeur de la montagne dort une véritable église creusée dans la roche dont seules quelques ouvertures qui font office de fenêtres laissent soupçonner la présence ! 



La Cappadoce, c'est également des villages troglodytiques et des villes souterraines. Au coucher du soleil, l'ancien village de Çavuşin est vraiment superbe. Il était habité jusque dans les années 1960 mais à cause de l'érosion et des éboulements, et surtout pour pouvoir profiter du confort de la vie moderne, ses habitants se sont installés au pied de la montagne. 



Vue sur la vallée au coucher du soleil depuis le village de Uçhisar.



Aujourd'hui, la Cappadoce est toujours bien vivante et ne vit pas que du tourisme. Dans la vallée, au pied même des sculptures surréalistes de la nature et en contre bas des églises oubliées, les paysans entretiennent paisiblement leur vergers et cultivent respectueusement leurs champs. Il y a des fruits partout et les terres où sont répandus le purin et le composte donnent de grosses courges.



Et au détour d'un chemin, c'est la rencontre avec le berger et son troupeau.

La Turquie sucrée salée...

Un voyage c’est des rencontres, des découvertes de patrimoine, des explorations de sites historiques et naturels incroyables, c’est rentrer en contact avec d’autres cultures, c’est peut-être même l’apprentissage d’une langue étrangère, mais c’est également (voire même, à certains moments, “surtout”, pour Cora) des découvertes culinaires.

Avant de découvrir la Turquie, nous avions déjà (comme vous aussi d’ailleurs), notamment grâce à nos virées nocturnes dans le Carré liégeois, une petite idée de ce qu’était la gatronomie turque… Heureusement, nous avons pu rapidement nous rendre compte qu’elle est bien plus variée et équilibrée que les pitas et durums proposés aux quatre coins de la Belgique. Grâce à son climat favorable, la Turquie propose en toutes saisons d'innombrables fruits et légumes toujours savoureux. Pour le moment par exemple, c'est la pleine saison des kakis, mandarines, pamplemousses, raisins, olives, tomates, bananes, etc. Quel plaisir !!!

La cuisine turque se divise en 5 grandes parties (division complètement arbitraire et uniquement basée sur nos sensations personnelles) :

- Premièrement, nous trouvons les kebab, ce qui signifie tout simplement “grillade”. Il peut s’agir de viande (boeuf ou mouton), de poulet, de tripe (kokoreç) ou de légumes (tomates, oignons, aubergines, poivrons, piments,…). On peut les retrouver sous diverses formes : les şiş (prononcez “chiche”), ce sont les brochettes de poulet, de mouton haché ou de boeuf haché ; les kofte, ce sont des espèces de boulettes de viande hachée (souvent du mouton) ; ou les doner, les fameuses lamelles de viandes empilées autour d’une énorme broche qui tourne doucement sur elle-même verticalement. Ils sont généralement servis sur une assiette, accompagnés d’une multitude de crudités, de riz et de pide (pain plat matelassé), mais peuvent également être servi en sandwich ou durum… C’est bien sur sous cette forme que nous les connaissons en Europe. Contrairement aux sandwiches répandus dans nos contrées, ici pas de mayo, andalouse ou samouraï, la viande délicatement parfumée par les différents épices ou marinades suffit à elle seule à égayer vos papilles.


 
Mention spéciale à l’Iskender Kebab qui est une spécialité de la région de Bursa, mais on en trouve partout. İl s’agit d’un lit de pide (pain matelassé) sous des tranches de kebab de boeuf, recouvert d’une sauce tomate et de beurre fondu, le tout accompagné de yaourt. Ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est vraimenb très bon… surtout dans les fesses…


 

- Deuxièmement, les guveç, qui sont de délicieux ragoûts de viande et de légumes généralement cuisinés dans des caquelons en fonte. Notons que la plupart des plats traditonnels turcs sont généralement des plats en sauce qui associent à merveille viande et légumes.


- Ensuite, viennent les çorba (soupes). Les plus répandues sont celles aux lentilles, au poulet, ou aux tripes (la préférée de Jean-Yves ;->)


- En rue, ce sont les börek qui sont à l’honneur. Il s’agit de feuilletés fourrés de fromage, d’épinard, de viande ou de pommes de terre. Vraiment pas chers, et vraiment délicieux… On trouve également de nombreux pide (pain agrémenté de fromage, viande, etc. Ce sont en quelque sorte les pizzas turques) et des lahmacun (galettes recouvertes de tomates et viande hachée)


- Notons également que nous trouvons partout de délicieux meze (feuilles de vignes farcies, humus, cacik = tzatziki, fromage frais, olives, etc.) que les Turcs aiment accompagner de rakı (le petit jaune turc).


- Et puis, pour terminer, comment ne pas citer les délicieux desserts turcs aux saveurs de miel, de pistaches, de sirop, de fruits secs. Entre baklava, kunefe, loukoum, et autres douceurs, le choix n’est pas simple…



Pour arroser tout cela, outre les nombreux thés ingurgités tout au long de la journée, les Turcs aiment siroter des Ayran, un espèce de yaourt à l’eau et au sel… Spécial !

Ce n'est évidemment qu'un rapide et succint aperçu de la gastronomie anatolienne qui a certainement du rassurer nos grands-mères qui craignaient qu'on ne nous nourrissent pas suffisamment... La vraie crainte ici est plutôt de savoir de combien de kilos auront augmenter nos bedaines au bout d'un mois de succulente cuisine turque...

La capitale des derviches tourneurs... Konya

Konya, c'est une grande ville d'un million d'habitants au centre des steppes de l'Anatolie. C'est une ville toute plate, moderne et dont l'air est assez pollué. C'est une ville industrielle et pas touristique. Konya c'est aussi une ville sainte aux monuments religieux prestigieux, vers laquelle converge nombre de pèlerins. C'est la capitale des derviches tourneurs et une ville historique. La légende en fait même la première ville construite après le Déluge. Conservatrice, elle accueille également de nombreux étudiants qui donnent à son centre-ville une atmosphère moderne et détendue. Pour toutes ces raisons, Konya est vraiment une halte intéressante pour qui veut mieux connaître la Turquie.

Le symbole de Konya est le tekke de Mevlana, c'est-à-dire le monastère des derviches tourneurs (dont nous avons déjà parlé dans l'article sur Bursa). Mevlana (qui signifie notre maître) est le nom donné à Djaläl al-Din al-Rüni (1207-1274) qui est un religieux et un poète qui a fondé l'ordre des moines qui dansent pour se rapprocher d'Allah. L'ordre des derviches tourneurs, source de conservatisme face aux réformes de Mustafa Kemal Atatürk, a été interdit au début de la République turque. Aujourd'hui, ce monastère, qui a été embelli au cours des siècles par les sultans seldjoukides puis ottomans, est un musée où sous le dôme de faïence verte se trouve le mausolée de Mevlana. Cette tombe constitue également un lieu de pèlerinage et de recueillement pour les musulmans qui viennent y prier et y pleurer... Ça avait l'air très fort pour eux !
  

Konya fut aussi la capitale d'un puissant sultanat Seldjoukide (les Turcs qui régnaient sur l'Anatolie avant les Ottomans). Il y reste donc de très beaux monuments de cette époque, distillés dans le tissu urbain moderne.   


Konya, c'est également beaucoup de voitures et de bus, des charrettes de fruits poussées par les hommes ou tirées par des chevaux ou des ânes. Dans le quartier du bazar, on trouve de tout, les rues sont pleines de magasins bourrés de bric-à-brac dont les marchandises s'étalent jusque sur les trottoirs. Le trottoir au commerce et la chaussée aux voitures... Il n'y a pas de place pour les piétons ! Chaque quartier est déterminé par une activité... Il y a celui des quincailliers, celui des bijoutiers, ou celui des pharmacies et des médecins (en face de l'hôpital). Et partout, les minarets s'élèvent plus haut.  


Enfin, il y a ces grandes rues modernes avec leurs trafıc dense et leurs bourlets d'immeubles qui noyent même les minarets et qui s'animent à la tombée de la nuit.

Le lac d'Eğirdir

Le lac d'Eğirdir est tout simplement magnifique. Rien ne sert de s'étendre en explications. Voici simplement quelques photos de cette beauté naturelle et apaisante que l'on trouve au milieu de l'Anatolie.









mardi 9 novembre 2010

Traverser la Turquie en stop... c'est facile !

La gentillesse et la convivialité des Turcs n'est pas une légende... c'est une réalite quotidienne et ce n'est rien de le dire !

Il est extrêmement facile de faire du stop en Turquie. Sur le bord de la route, au soleil, nous n'avons jamais attendu longtemps avant d'être chargé par des automobilistes ou par des camionneurs. En Cappadoce, nous nous sommes même fait charger alors que nous ne faisions pas de stop ! Vraiment serviables les Trucs ! 




Depuis la cabine d'un camion, nous avons tout le loisir de profiter des régions traversées entre deux de nos étapes. C'est aussi très chouette de discuter, parfois un peu en mélangeant des mots de toutes les langues, avec des gens qui ne demandent qu'à parler de leur famille et de leur pays ,et de nous poser des questions sur les nôtres.


Mais ce n'est pas tout. Il se trouve que nous rendre service en nous conduisant ne suffit pas à satisfaire les principes les plus élémentaires de la convivialité turque. Ceux-ci nous offrent également boissons et nourriture... que nous ne pouvons refuser ! Ainsi, on nous offre souvent le thé, des limonades ou des fruits.

Par exemple, lors d'une de nos étapes (Konya - Eğirdir), nous avons été pris en stop par un camionneur de 49 ans. Nous avons parcouru avec lui 230 km en plein milieu de l'Anatolie. Il nous a offert le thé à 11h et nous a payé le dîner à 12h30... Par deux fois, et surtout après le repas, nous avons insisté pour les lui offrir (c'est la moindre des choses !!!) mais il n'a rien voulu savoir ! Comble de générosité, ce  même jour, le patron d'une pâtisserie nous a offert les 5 baklavas que nous avions choisis ! On a insisté pour payer (il n'y avait pas de raison qu'il nous les offre)... il n'a rien voulu entendre !!!!

Vraiment, les Turcs sont hyper-conviviaux, partout, et de manière générale vont se couper en quatre pour nous aider.


Une promenade exceptionnelle... Termessos

À une trentaine de kilomètres d'Antalya, perdu dans les montagnes, dort au soleil le magnifique site de Termessos, assurément un des plus beaux qu'il nous ait été donné de visiter.

Termessos c'est une sorte de petit Machu-Picchu turc... Trois dimensions sont réunies pour en faire un site exceptionnel. Premièrement, l'environnement naturel vaut à lui seul le détour : perdu en pleine montagne, Termessos est au cœur d'une réserve naturelle qui offre des vues imprenables sur les sommets alentours et sur les vallées. Deuxièmement, la qualité du témoignage architectural et archéologique est indéniable tant l'état de conservation du site est bon : celui-ci n'ayant jamais servi de carrière pour la construction d'autres villes ou monuments. Troisièmement, parce que les archéologues et historiens ont laissé les pierres en l'état et que le site ne souffre pas du tourisme. 

Le point fort, c'est qu'ici on ne triche pas avec les pierres. Le point faible, c'est que l'on ne sait pas grand chose de la cité antique... C'est pas grave, laissons donc courir notre imagination et notre esprit de pierre en pierre, de branche en branche pour découvrir Termessos qui se cache dans la végétation !  


Un temple...


 Le gymnase...


 Le théâtre...


 On ne sait pas trop...


 Les tombes de l'acropole qui courent jusqu'au sommet...


Todi les deux mêmes, au sommet cette fois !

Fête de la République

Le 29 octobre, c'est la fête nationale turque. Si vous vous promenez en Truquie  ce jour là, vous ne sauriez pas la manquer ! On ne compte plus les drapeaux turcs et bannières à l'éffigie de Mustafa Kemal Atatürk (premier président du pays) qu'ornent les rues de chaque ville et village du pays.

C'est jour ferié, les écoliers ont congé... mais tous se retrouvent dans les cours des écoles devant un parterre de parents en tenue du dimanche pour déclamer poèmes patriotiques et textes à la gloire de M. Kemal Atatürk, père de la Truquie laïque et moderne.

Le sentiment patriotique turc est né relativement tard. Il a pris vie au début du XXème siècle sur les cendres de l'empire ottoman et grâce au dynamisme de Mustafa Kemal. Aujourd'hui, ce sentiment est très fort et très spécial aussi, parce qu'en célébrant la Turquie en même temps que la figure héroïque, politique et historique que représente M. Kemal Atatürk, auquel les Turcs semblent très attachés (son portrait est partout en Turquie), la population célèbre à la fois la nation et l'idéologie kémaliste, c'est-à-dire pour l'essentiel les principes de république, de laïcité et d'égalité (entre hommes et femmes notamment). Dans un pays musulman, actuellement dirigé par un parti conservateur, c'est tout un programme.




Voici la célébration de la fête nationale dans la cour de l'école de Patara où trône le buste de M. Kemal Atatürk et où flotte le drapeau turc comme dans toutes les écoles du pays (même les jours ordinaires).



On célèbrait aussi la Turquie en soirée à Antalya.

Antalya... touristique mais tellement belle !

Entre Güzelçamlı et Antalya, nous avons passé quelques jours dans le petit village de Patara. Patara c'est quelques rues pleines de restaurants, quelques ruines (il y en a partout en Turquie !) et une des plus belles plages du pays, restée vierge de toute agitation commerciale !



Il faut bien reconnaître que le gouvernement turc commence à prendre conscience de l'importance de  la préservation des écosystèmes et  du patrimoine environnemental. À Patara, le gouvernement réglemente rigoureusement l'urbanisation, et c'est tant mieux !


Après une journée de stop, nous voici à Antalya. Le centre historique de cette ville est superbe mais dévoué entièrement au tourisme. Reconnaissons tout de même à ce dernier d'avoir permis la sauvegarde du patrimoine du Kaleiçi, la vieille ville pleine de charme où les maisons de style ottoman ont été magnifiquement restaurées.  






Mais une fois passée la ligne de tram qui contourne la vieille ville, nous voici dans une autre Antalya, absolument moderne avec ses grandes avenues et ses immeubles. Ici plus un touriste... La ligne de tram est comme une frontière que l'univers touristique ne franchit pas !


Ce qui est surtout impressionnant à Antalya, c'est sa situation géographique. Son port, lové au fond de l'immense golfe qui porte le nom de la ville, est baigné des eaux turquoises de la Méditerranée, elle-même dominée par une chaîne de montagnes dont la verticalité si proche de la mer donne au paysage des proportions à couper le souffle... 





Côte turquoise... côte de béton !

Par nature, la côte turque est magnifique. À l'ouest, il y a la mer Egée transparente et bleue, où le soleil se couche et où se devine les îles grecques. Au sud, il y a les montagnes ocres, roses et rouges couvertes de végétation qui plongent dans les eaux turquoises de la Méditerranée.

Mais comme une bonne partie de la côte méditérranéenne européenne, la côte turque souffre du tourisme le plus frénétique, de l'appétit vorace et cupide des entrepreneurs immobiliers et du manque de vision à long terme des autorités. La côte turque, essentiellement la côte égéenne, se fait manger par le béton ! Par endroit, c'est carrémment la folie des étages... les immeubles de la côte doivent toujours être plus hauts pour pouvoir espérer compter deux ou trois étages qui bénéficient d'une vue sur la mer... on se croirait presque sur la côte espagnole... 



Sur la côte Méditerranée (sud), que le relief protège mieux du béton, ce sont les pensionnés anglais qui viennent se faire contruire des villas de luxe... Les prix grimpent !

Sur la côte Egée, entre Kuşadasi et Güzelçamlı, le long de la plage, il y a des centaines de maisons, toutes les mêmes, qui ne sont occupées qu'en juillet et août par les vacanciers turcs d'Ankara et d'ailleurs. Le reste de l'année, ces quartiers abandonnés prennent des allures de banlieues fantômes ou de villes artificielles abondonnées... Une sorte de Tchernobyl qui ne serait saine qu'à la faveur de l'été et des congés payés ! Quel sens cela peut bien avoir de construire des maisons qui ne sont habitées que deux mois par an ?