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lundi 21 février 2011

Quelques nouvelles de nous...

Une fois n'est pas coutume, voici quelques nouvelles de nous, de quoi peut-être contenter ceux qui trouvent que l'on ne voit pas assez nos frimousses sur ce blog...

Voyager, ce n'est de tout repos. Bien sûr, il y a la chaleur, le sac à dos à refaire à chaque départ, les heures de trajets interminables dans des trains et des bus très inconfortables. Il y a aussi la recherche d'une chambre ou juste d'un lit (dortoir) toujours à recommencer, la lessive à faire à la main et les arnaques à éviter. Et puis il y a le fossé culturel à gérer et notre désenchantement face à un monde qui semble irrémédiablement glisser sur la mauvaise pente.

Quoiqu'il en soit, nous ne nous laissons jamais rattraper par la fatigue ou le découragement. Le secret du routard toujours en forme, c'est de se reposer dès qu'il le faut et de ne pas oublier de prendre du bon temps. Et une chose est certaine : nous ne l'oublions pas !!!

Ici, dans notre petite chambre d'une pension familiale de Kandy, Coraline est en train de lire derrière le linge qui sèche. Nous sommes devenus des experts dans l'art de tendre le fil à linge même là où cela parait difficile. Nous avons aussi développé toutes une série d'astuces pour optimaliser l'usage de moustiquaire en piteux état. Si vous voulez des conseils n'hésitez pas !




Nous avons bien profité de notre "semaine de vacances" à Mirissa dans le sud du Sri Lanka. Il faut dire que l'on prend vite gout à la douceur des plages tropicales...




Depuis le début du voyage, nous avons beaucoup changé notre régime alimentaire. En Turquie, nous mangions pas mal de viande, surtout des abats. Il faut dire que la soupe de tripes est délicieuse en Turquie (c'est surtout Jyves qui en était fan). Au Proche-Orient, il y avait nettement moins de viande dans les assiettes. Le pois chiche était roi. Depuis que nous sommes arrivés dans le sous-continent indien, nous nous comportons en vrais végétariens pour diverses bonnes raisons. Il nous arrive quand même de temps en temps, mais extrêmement rarement, de faire une entorse à cette nouvelle règle (qui n'est pas définitive, nous préférons le "végétarianisme flexible") comme ici à Mirissa où le poisson, les fruits de mer et même, ho suprême folie !, une bouteille de vin blanc se sont invités à notre table !!! Jour de fête !




Maintenant, cela fait 15 jours que nous sommes en Inde et une grosse dizaine à Puducherry. Anciennement Pondichéry, la cité est une ancienne colonie française. Il y règne une ambiance particulière (nous y reviendrons) et il est possible d'y trouver des boulangeries et de la restauration française. Et si nous nous régalons le plus souvent de la gastronomie du sud de l'Inde, c'est quand même avec un grand plaisir, que de temps en temps, nous nous rappelons les joies que procure un peu de fromage étalé sur un morceau de baguette !!! 

A Puducherry, nous avons trouvé une chambre bon marché dans une ancienne villa coloniale. Nous avons accès à une terrasse, un salon et une petite cuisine, ce qui est surtout pratique pour le frigo vu que la température commence déjà à grimper sérieusement. Cette villa pas très bien entretenue, c'est loin d'être du luxe mais ça fait du bien de pouvoir faire quelques courses, de se cuisiner des bêtises de chez nous et de profiter de la terrasse. Ici, Coraline s'apprête à dévorer son morceau de pain français comme on dit ! Vous remarquerez qu'il y a toujours un peu de linge qui pend...




Et puis, à Pondi, c'est facile de trouver de la bière pas chère !!! Alors, après des mois de disette, c'est apéro tous les jours ! Bière ou pas, merci Aurelie et Laurent pour les gobelets dont on se sert quotidiennement (et qui font des jaloux parmi les routards).



vendredi 18 février 2011

Au royaume des arômes et épices

Bienvenue au  royaume des arômes et épices ! Autant vous le dire tout de suite, nous avons adoré la cuisine sri lankaise variée, étonnante et surprenante à souhait.

Ici, le plat national, c'est le rice and curry. Et sous cette appellation, qui pourrait laisser entendre, pour les profanes que nous sommes, qu'il s'agit d'un plat de poulet au curry et de riz blanc, se cache en réalité un véritable festin pour nos sens. Le rice and curry se compose en fait d'un plat de riz qui est accompagné d'une multitude de curries végétariens (le curry est un plat en sauce aromatisé d'une tripotée d'épices à ne pas confondre avec la feuille de curry rendue célèbre par Uncle Ben's) et généralement d'un curry de viande, d'oeufs, de poissons ou de crustacés. On y ajoute fréquemment du sambol (délicieux condiment à base de piments, de coco, d'oignons et de citron) et du chutney (sorte de marmelade aromatisée). Chaque cuisinière constitue elle-même son mélange d'épices et concocte  une variété intarissable de plats plus parfumés les uns que les autres dont elle seule a le secret. Voila pourquoi chaque rice and curry est différent et surprenant. Parmi les curries que nous avons plus particulièrement apprécié, nous retiendrons le curry aux gousses d'ail (les gousses fondent littéralement sur la langue... vraiment étonnant et délicieux !), celui aux aubergines caramélisées, celui au jacque (énorme fruit tropical vert dont la chair est tendre et sucrée) ou celui aux fleurs de bananiers !


Pour les repas plus rapides et plus économiques, le Sri Lanka recèle également d'une multitude d'en-cas en tout genre, mais pratiquement toujours fait à base de rotti (farine de riz). On retrouve les rottis sous forme de petits chaussons farcis de légumes, de viandes ou de poissons ; coupés en lanières et sautés avec un oeuf, des légumes, des épices, etc. sur une grande plaque chaude (voir le kottu rotti ci-dessous) ; ou nature, parfait pour accompagner le dhal curry (curry de lentilles).


Puis, outre les nombreux fruits tropicaux, et autres abondantes spécialites locales, nous accordons une mention spéciale au curd (yahourt onctueux au lait de bufflesse) encore plus délicieux quand il est nappé de kitul (miel de palmier) et de fruits frais.

Et pour arroser tout ca, vous aurez le choix entre un thé (au lait) ou un délicieux jus de noix de coco.   

jeudi 17 février 2011

Le Sri Lanka c'est aussi...

...(et surtout) des statues du Bouddha partout,

Il y a des arbres sacrés, des autels et des statues du Bouddha dans tout le pays. Le bouddhisme sri lankais semble assez particulier parce qu'il fait d'une philosophie une religion. Partout, les bouddhistes cinghalais rendent hommage au Bouddha comme à un dieu. Ils le prient comme les chrétiens prient Jésus. Ce que l'on observe donc ici, c'est moins l'exercice du bouddhisme, que la pratique d'une idolâtrie superstitieuse... Les Cinghalais croient même que le Bouddha va revenir à la fin des temps, gros et riche ! Il le représentent parfois ainsi. C'est dire comme cette forme de bouddhisme s'écarte de l'enseignement du Bouddha !




...des dagobas de toutes les tailles,

Un dagoba est un monument bouddhique en forme d'hémisphère et contenant des reliques du Bouddha ou d'une divinité bouddhique. Ici, en pleine nature dans les environs d'Ella.




...des rizières en terrasse,

Comme dans de nombreux pays asiatiques, le riz est la base de l'alimentation. La gastronomie sri lankaise est par ailleurs excellente !




... des hôtels pour manger,

Si vous cherchez une chambre pour la nuit, rien ne sert de rentrer dans les hôtels sri lankais qui, comme en Inde, sont en réalité et uniquement des cantines !



...et des bus.

Prendre le bus au Sri Lanka, c'est une épreuve. Bien entendu, ils sont bondés, sales, peu spacieux et en piteux état mais le pire c'est quand les chauffeurs font la course !



La côte sud... pour se reposer !

Après 4 mois de voyage, nous posons nos sacs à dos une semaine à Mirissa, au sud du Sri Lanka, là où il reste encore quelques plages paradisiaques presque préservées de la pollution, pour nous y reposer...

Mirissa c'est (mais pour combien de temps encore ?)...

...de hauts palmiers, des noix de coco, le sable clair, l'océan indien bleu-vert,



 ...quelques bateaux de pêcheurs échoués à l'ombre en attendant la nuit,



...le temps qui s'écoule tout doucement (mais quand même trop vite),



...et des couchers de soleil qui se laissent déguster.



La côte ouest

Sur la côte ouest, à part Colombo et Galle, nous nous sommes balladé à Negombo. Situé à 30 km au nord de Colombo, la petite ville reste relativement tranquille, agréable et caractéristique avec son réseau de canaux réalisés par les Hollandais pour acheminer, à l'époque de leur domination, la cannelle vers le port. A Negombo, il y aussi la plage et les cocotiers mais c'est assez pollué.

Le marché de poissons de Negombo est bien achalandé. On y trouve de nombreuses sortes de poissons et de fruits de mer. Sur la plage, les pêcheurs débarquent le prises du jour et font sécher une partie du poisson. Les chats, les chiens et les corbeaux (très nombreux au Sri Lanka) sont à l'affut.




Ici, le long des routes, on trouve des temples hindous, très peu de temples bouddhistes et beaucoup d'églises. Depuis la colonisation européenne, c'est le long de la côte ouest que l'on trouve la majorité des chrétiens sri lankais. Les statues de Jésus et des saints colorés et bariolés à souhait nous dévoilent un christianisme assez kitsch.




Nous aimons beaucoup ce Jésus qui fait signe derrière une vitrine en bord de route...


Ella... tout d'un paradis vert !

Ella est un de ces petits villages perdus en pleine montagne, là où les rizières laissent la place aux plantations de thé, aux forêts et aux chutes d'eau.

Pour y parvenir, il suffit de prendre le train. Ce sont les Anglais qui ont installé une voie ferrée pour acheminer le thé jusqu'à la côte. Aujourd'hui, le thé descend jusqu'à la côte en camion et le train transporte des passagers. Cependant, il n'y a toujours qu'une seule voie ferrée, et les trains ne se croisent ainsi que rarement et en gare. Puisqu'il est très lent, le train permet donc d'apprécier tranquillement les magnifiques paysages. Mais, comme il y a peu de trains et qu'ils comptent peu de wagons, au cours du trajet, les voitures sont progressivement surpeuplées. Ca finit par devenir carrément insupportable, si bien que quand ce voyage, superbe au début, prend fin, c'est une véritable délivrance !  
  



Entre Kandy et Ella, le paysage montagneux est un vrai régal. Le vert de la végétation et le bleu du ciel que sépare la ligne grise des chaînes montagneuses à l'horizon constituent un tableau charmant. Les nombreux ruisseaux et rivières, ainsi que les chutes d'eau, rafraîchissent le regard. Enfin, l'ordre délicat des plantations de thé vert vif couvrant, telle une robe finement brodée, des pans entiers de collines, couronne le spectacle qui défile sous nos yeux...   




A l'origine, les caféiers furent parmi les premières plantes cultivées dans la région mais, après la destruction des plantations pour cause de maladie, les colons anglais se tournèrent vers le thé. Pour travailler dans les plantations, les colons amenèrent des Tamouls d'Inde du Sud. Ce fut un succès, le Sri Lanka devint un des plus importants producteurs de thé et fonda la richesse de nombreux Anglais, dont celle de Thomas Johnstone Lipton, fondateur de la marque de thé qui porte son nom. 



Aujourd'hui, le Sri Lanka est le troisième producteur de thé au monde et si l'île a changé de nom en 1972, le thé sri lankais est toujours désigné comme étant de Ceylan... On en retrouve partout, surtout en Europe, en Russie et au Moyen-Orient.




La visite d'une fabrique de thé perdue dans la montagne nous a permis de mieux comprendre le processus d'élaboration du thé. Il est surprenant de constater que d'une même feuille, on produit différentes sortes de thé, à l'amertume et au tanin plus au moins prononcés, selon la taille des particules de thé et leur degré de torréfaction. Ci-dessous, différentes sortes de thé, produits à partir de la même feuille. Il est intéressant de constater que chaque région du monde a une préférence particulière et que l'on ne boit pas le même type de thé partout. Dès les fabriques sri lankaises, on prend en compte ces différences de préférences. Ainsi, chaque petit tas de thé ci-dessous symbolise un type de thé produit pour une région du monde bien précise... 



En route, le long de la voie ferrée, nous sommes aussi partis à la découverte des cultures de tomates, d'aubergines... et des chutes d'eau.







dimanche 13 février 2011

Kandy et les campagnes alentours

Au centre du pays, Kandy (qui, au Sri Lanka, n'est pas une jolie petite fille aux yeux claires) est une ville de 112 000 habitants perchée à 500 mètres d'altitude, entourée de collines verdoyantes qui entourent un lac artificiel, coeur de la cité. Pendant la colonisation portuguaise et hollandaise (surtout sur les côtes de l'île), Kandy était la capitale du royaume cinghalais qui résistait aux Européens et qui ne succombera aux Anglais qu'au début du XIXème siècle. Aujourd'hui, malgré son côté bruyant et pollué, son trafic incessant et ses grandes rues aux constructions un peu anarchiques, la cité reste agréable et reposante.

Kandy, c'est surtout le centre spirituel du Sri Lanka avec le Temple de la Dent, sur le bord du lac. Il s'agit d'une des dents du Bouddha. Elle aurait été prise directement sur le bûcher funéraire du Bouddha et apportée au Sri Lanka. Au cours des siècles, la dent assurait la souveraineté sur l'île à son possesseur. Quand les Anglais soumettront les Cinghalais, la dent, et donc la souveraineté théologiquement théorique sur l'île, sera préservée dans un endroit secret, à l'abri des Européens.




Le marché de Kandy nous rappelle que le Sri Lanka est l'île des épices...




Autour de Kandy, la campagne est superbe et tranquille, et ses habitants sont souriants et accueillants. Nous partons donc à la découverte d'un petit paradis vert...



Sur le bord de la route, les noix de muscade sèchent au soleil...



Ainsi que les clous de girofle, tout juste décrochés des arbres par des hommes aussi agiles que les singes. En séchant, les clous tout verts deviennent bruns et puis noirs. Bientôt, ils seront prêts pour assaisonner les plats du monde entier.



Un peu plus loin, c'est l'heure de la procession entre deux temples, l'un bouddhiste, l'autre hindou.
 

Et tout autour, palmiers et rizières se partagent le paysage...




Parfois, en haut d'un promontoire rocheux ou en pleine végétation, de grands temples se dégagent. Aujourd'hui, c'est jour de Poya, les habitants des environs en profitent pour venir prier au temple. La poya, c'est un jour de pleine lune. Chaque poya est un jour férié pour les Bouddhistes sri lankais. Pour les plus religieux,  c'est une journée de prières, d'offrandes, de jeûne et de méditation. Chaque jour de poya est l'occasion d'un rituel bouddhique spécifique, d'une fête particulière selon les endroits et selon le mois.


Dans ce temple, un magnifique Bouddha.

Dans les temples, ou près des autels, il faut toujours veiller à ne pas tourner le dos à la statue du Bouddha. Pour sortir d'un temple c'est donc à reculons... C'est que pour les Sri lankais, chaque statue du Bouddha est un véritable dieu. C'est la réalisation des yeux qui donne à la statue sa nature divine et cette création constitue donc un véritable rituel, dit des yeux. Le peintre ne peut réaliser les yeux du Bouddha qu'à l'aide d'un miroir afin de ne pas regarder directement la statue. Une fois les yeux exécutés, on bande les yeux du peintre et on le conduit vers un lieu où son premier regard se portera sur quelque chose qui peut être symboliquement détruit, comme un plan d'eau, en le frappant avec un bâton.



Ce dagoba blanc sur fond de ciel bleu dégage un sentiment de sérénité.



Le Triangle culturel

Au centre nord du Sri Lanka, dans une région appelée "Triangle culturel", se trouvent des cités anciennes capitales de royaumes révolus et des sanctuaires religieux toujours fréquentés, témoins du riche passé historique, culturel et spirituel de l'île.

Aujourd'hui, Anuradhapura est une ville informe, organisée autour du carrefour de la tour de l'horloge. Les chiens y sont en piteux état et les rues y sont défoncées. Si beaucoup de voyageurs et pèlerins se rendent dans cette ville de 56 000 habitants, c'est pour les ruines de la cité historique. 

En effet, dès le 4ème siècle avant notre ère, Anuradhapura devient la première capitale d'un royaume cinghalais et surtout le centre du Bouddhisme naissant sur l'île. Aujourd'hui, Anuradhapura, c'est donc plus qu'un site archéologique où l'on peut visiter dagobas, ruines de palais et monastères. Pour les bouddhistes Sri lankais, c'est surtout un site sacré, un lieu de pèlerinage.
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Au centre géographique et spirituel d'Anuradhapura se trouve le Sri Maha Bodhi (photo ci-dessous), l'arbre sacré de la Bodhi. C'est un immense arbre qui a poussé à partir d'un rameau de celui sous lequel le Bouddha aurait atteint l'éveil. Ce serait l'arbre le plus vieux du monde. Il est un peu en hauteur et entouré d'une balustrade dorée. Les bouddhistes viennent prier devant l'arbre, face à la statue du Bouddha qui se trouve au pied de l'arbre. 




A Anuradhapura, nous avons visité de nombreux dagobas. Un dagoba est un monument bouddhique en forme d'hémisphère et contenant des reliques du Bouddha ou d'une divinité bouddhique. Ci-dessous, un grand dagoba de la cité historique de Polonnaruwa qui fut la capitale de l'île après l'an 1000.




Si Polonnaruwa n'a pas conservé de vie religieuse, la visite de ses palais, dagobas, monastères et autres statues gardés par les singes et disséminés dans une nature verdoyante vaut le détour... Ici, se mélangent art bouddhiste et art hindou.



Et voici deux exemples de ce qui constitue l'apothéose de l'art cinghalais en matière de travail de la pierre (ici, granit).

Un Bouddha en méditation...



Bouddha couché...



Plus au sud, Sigiriya aussi attire voyageurs comme pèlerins. Sigiriya est un rocher de 370 mètres de hauteur et aux parois abruptes. Ancien palais ou monastère ? On ne sait pas vraiment ! Quoiqu'il en soit, ce rocher qui se perd dans les nuages a quelque chose de surnaturel...




Notre ascension du rocher se fait avec les pèlerins : moines bouddhistes drapés d'orange et laïcs vêtus de blanc ou de clair. Ce n'est pas facile pour tout le monde !




A mi-hauteur, une cavité renferme une série de peintures de belles femmes qui représenteraient soit des apsaras (nymphes célestes), soit les concubines d'un ancien roi. Une théorie plus récente affirme qu'il s'agirait de Tara, forme féminine de bodhisattva, divinité majeure du Bouddhisme (celui du grand véhicule), sous différentes apparences.




Du haut du rocher, la vue sur la forêt sri lankaise est époustouflante.


jeudi 10 février 2011

Welcome to Sri Lanka

N'ayant pu obtenir le visa iranien pour prendre le train Damas-Téhéran, et éprouvant toutes les difficultés possible pour avoir le visa indien au Moyen-Orient, nous nous sommes finalement envolés d'Amman le 8 janvier pour le Sri Lanka où aucun visa n'est nécessaire et où il est facile de recevoir le visa indien.

Bienvenue donc en République démocratique socialiste du Sri Lanka. Cette île de l'océan indien, deux fois plus grande et deux fois plus peuplée que la Belgique est située au sud de l'Inde. Jusqu'en 1972, l'île était officiellement appelée Ceylan.


Bien que majoritairement habitée de Cinghalais bouddhistes, cette communauté se partage l'île avec, au nord et à l'est surtout, des Tamouls hindouistes. La constitution du pays reconnaît deux langues officielles, le cinghalais et le tamoul. On trouve aussi au Sri Lanka un nombre significatif de Chrétiens, surtout sur la côte ouest (héritage de la colonisation portuguaise, puis hollandaise et enfin anglaise), et de Musulmans.

La coexistence entre Cinghalais (78%) et Tamouls (14%) n'est pas facile. L'ancien colonisateur anglais n'y est pas étranger. Les Anglais ont favorisé la minorité tamoule et stimulé l'immigration des Tamouls indiens dans les plantations de thé sri lankaises. Après l'indépendance (1948), la majorité Cinghalaise au pouvoir organisa l'exclusion économique et politique de la communauté tamoule qui dès lors revendiquait un état fédéral, sinon l'indépendance de leurs régions. L'opposition, les affrontements et les violences toujours plus grandes entre les deux communautés ont finalement débouché sur une longue et dramatique guerre civile opposant essentiellement les Tigres tamouls aux forces gouvernementales. La guerre qui a duré une trentaine d'années, paralysant le pays et accaparant les ressources de l'Etat, a pris fin en mai 2009 avec la victoire de l'armée sri lankaise. Les circonstances de la fin de la guerre posent toujours question, l'armée n'ayant apparemment pas hésité à sacrifier nombre de civils tamouls...  



Quoiqu'il en soit, la population est heureuse d'avoir retrouvé la paix. Un peu partout dans le pays, des affiches et banderoles fêtent la fin de la guerre. Comme ci-dessus, on y voit souvent le président réélu et victorieux des Tigres tamouls (en haut a gauche), et un soldat dont la figure a été médiatisée pour son action héroïque durant la guerre (il était espion au sein des Tigres tamouls - en bas a droite).




Un billet de banque de 1000 roupies (7 €) a même été conçu pour commémorer la victoire. Au dos, on y voit des soldats hissant le drapeau sri lankais, et de face, le président... C'est tout de même étrange qu'un président en exercice se fasse représenter sur un billet de banque dans ce qui est considéré comme une démocratie. 

Si la guerre a accaparé le budget de l'état au détriment de l'éducation, de la santé et des transports en commun par exemple, le taux d'alphabétisation (95%) et l'espérance de vie (74 ans) des Sri lankais des deux sexes sont bien plus élevés que dans les pays voisins. A noter également, l'indice de fécondité du Sri Lanka est lui bien moins important que dans le reste de la région, ce qui est quand même une bonne chose. Ajoutons à cela un environnement naturel généreux en eau, en terres cultivables, en soleil et en pluies, en variétés de fruits et de légumes, le Sri Lanka pourrait vite faire penser à un petit paradis. De plus, la guerre, limitant le développement infrastructurel, a sans doute contribué à préserver les espaces verts du béton que l'on aime tant en Asie (et partout d'ailleurs). 

Pourtant Colombo, la capitale économique du pays (2 millions d'habitants) est une de ces horribles villes informes asiatiques. Ses bâtiments coloniaux et ses constructions de béton n'en peuvent plus de moisir au soleil. Le trafic insensé, la misère palpable, le bruit assourdissant, l'air noirci par les gaz d'échappement, les bidonvilles de taules et les banlieues sordides donnent à Colombo une apparence d'apocalypse. Obligés de s'y rendre plusieurs fois, nous ne pensions qu'à nous enfuir... Plus généralement au Sri Lanka, partout où s'invite l'urbanisation et le développement infrastructurel, on est replongé dans ce chaos et on veut fuir un peu plus loin... là où l'on arrive encore à respirer.

La guerre est finie, le gouvernement veut donc construire deux nouveaux aéroports internationaux, un nouveau port international (pour capter le trafic maritime qui passe au sud de l'île), des autoroutes et, surtout, développer toujours et encore plus le tourisme. Pourtant, le Sri Lanka est déjà très touristique. Sans doute trop. C'est même insupportable souvent ! Et puis, n'existe-il pas une autre voie que celle des solutions conjoncturelles, du développement par la croissance économique, de la construction béton, de la destruction des ressources naturelles et de l'occidentalisation des moeurs... Nous avons l'impression que bientôt, cela ne vaudra plus la peine de visiter ce beau pays qu'est le Sri Lanka. Il change vite... sans doute trop vite. Adieu île de rêve, tant pis pour tes habitants, bientôt toi aussi tu ne seras plus qu'un porte-avion habité d'hommes robots ne courant plus qu'après le temps et l'argent... des touristes !!! 

Haut les coeurs tout de même, nous vous emmenons à la découverte de cette superbe île.