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samedi 18 décembre 2010

Une cuisine pas chiche en pois...

Moins variée et moins raffinée qu'en Turquie, la cuisine du Proche-Orient n'en est pas moins très goûteuse. Outre les grillades (qu'on n'appelle plus kebab mais shawarma et qui se présentent sous les mêmes formes qu'en Turquie : doner, brochettes, sandwich durum, plat, etc. --> se reporter au chapitre "Turquie"), les savoureux plats traditionnels de viande et légumes mijotés au four, et les nombreux et délicieux mezes, ici tout tourne autour du pois chiche ! Amis péteurs, bonsoir !

Les plats populaires les plus répandus (et les moins chers), que les locaux mangent à tout heure de la journée, en vitesse accoudé à un comptoir de rue ou installés entre amis autour d'une table en fumant le narghilé, se déclinent presque toujours autour du pois (bien souvent le pois chiche) et du pain. C'est dingue d'ailleurs la variété de présentations et de goûts que peuvent prendre des préparations faites à partir de ce même ingrédient. On peut notamment citer :

- Le houmous (simple purée de pois chiche et de sésame)
- Le fateh (ça nourrit son homme pour la journée, c'est une sorte de soupe composée de pâte à pain recouvert de pois chiches chauds et de houmous.)
- Les falafels (délicieuses petites croquettes de purée de pois chiches frites dans l'huile que l'on mange soit en sandwich soit seuls comme un bon Belge mangerait son sachet de frites... c'est encore meilleur !) 
- Le foul (grosse fèves brunes chaudes au citron. Elles sont entières en Syrie, réduites en purée en Jordanie)

Comme l'indique la photo, tout ceci est toujours recouvert d'une bonne rasade d'huile d'olive et accompagné de quelques crudités et d'un délicieux pain arabe (moelleux et encore chaud le plus souvent). Alors oui, tout ceci est végétarien, vraiment savoureux mais, vous l'aurez compris, pas pour autant diététique !





La Jordanie du Nord au Sud...

La Jordanie est un beau pays et les Jordaniens sont accueillants. Les montagnes de la route des rois, de Kerak et du Wadi Rum sont d'une beauté à couper le souffle. Le désert, lui, laisse rêveur. Le patrimoine historique jordanien est intéressant : Jerash et Petra sont deux sites exceptionnels. Mais si les Jordaniens sont souriants et sympathiques c'est sans doute parce qu'ils attendent beaucoup du tourisme. La Jordanie est d'abord un pays touristique. En Jordanie, nous avons constamment l'impression que l'étranger est d'abord une ressource économique (comme dans d'autres pays touristiques du reste). Il est dès lors plus difficile de faire de belles rencontres et de vivre une expérience plus riche sur le plan humain dans ce pays. Notre bout de route en Jordanie nous a donc un peu déçu et frustré. Bien entendu, nous ne connaissons pas bien la Jordanie et il est toujours difficile de se faire un avis sur un pays en peu de temps. Et puis nous avons suivi la route touristique. Mais peut-on faire autrement dans un pays relativement petit dans lequel chaque coin est devenu une attraction... 

En réalité, notre jugement est sans doute sévère parce que notre expérience des Jordaniens a souffert du contraste avec ce que nous avons vécu en Turquie et en Syrie ou la convivialité et l'hospitalité est omniprésente. Il faut dire qu'ici, en Jordanie, le moindre service, verre de thé ou prise en stop est monnayable.

Dans le sud, les bédouins que nous avons rencontrés sont soit de nouveaux sédentaires qui tirent le diable par la queue et espèrent bien naturellement profiter un peu du tourisme (ce qui pour eux, n'est pas évident), soit des hommes d'affaires décidés. Dans la réserve du Wadi Rum, certains bédouins qui habitent au village, possèdent 1 ou 2 camps pour les touristes dans le désert, 1 ou 2 jeeps, prennent les réservations sur leur site internet ou grâce à leur gsm dernier cri. Ceux-ci proposent des tours en 4x4 dans le désert hors de prix (du moins en ce qui nous concerne), et nous expliquent que maintenant le bon créneau, ce sont surtout les quinquagénaires et les familles. En ce qui les concerne,  on est loin de l'image du bédouin qui vit avec ses dromadaires en harmonie avec le désert. Un soir, l'un d'entre eux nous propose de venir manger chez lui en disant que si on a bien 4 dinars pour manger au "resto" du village, on a bien 4 dinars pour payer sa femme... Voila ce qu'il reste, à Wadi Rum du moins, de la célèbre hospitalité bédouine !  On y est allé bien entendu ! C'était sociologiquement très intéressant... par exemple, quand il nous a montré sur son téléphone portable les photos d'une blonde venue crapahuté dans le désert avec d'autres toursstes l'été dernier, et qui pose au volant de sa jeep, alors que son épouse, elle, n'a pas le droit de sortir de la cuisine en notre présence !

Mais puisque la Jordanie est si belle, on vous emmène quand même en faire le tour du Nord au Sud en passant par...



Jersah

La ville antique qui côtoie la ville moderne et qui aurait, selon la légende, été fondée par Alexandre le Grand en personne vaut vraiment le détour. Son forum et son théâtre son magnifiquement préservés et restaurés. Ci-dessous, le forum antique avec, au fond, la ville moderne.



Les hautes colonnes corinthiennes de couleur rose du temple d'Artémis grattent le bleu du ciel.



Le Théâtre antique... encore un !




Madaba

Madaba est célèbre pour ses mosaïques byzantines. Aujourd'hui encore, on y travaille cet art ! Ci-dessous, une église catholique de Madaba. En Jordanie, les chrétiens représentent encore 4 à 6% de la population.




Non loin de Madaba, se trouve le Mont Nebo, là où selon la Bible, Moïse aurait rendu l'âme après avoir contemplé la Terre Promise. C'est vrai que le panorama sur la mer Morte, Jérusalem, Jéricho et la plaine du Jourdain est superbe. La photo ci-dessous ne donne pas grand chose. On vous la glisse pour la table d'orientation.



Kerak

Même s'il ne peut rivaliser avec le Krak des Chevaliers, la forteresse croisée est impressionnante tant par sa position en haut d'une colline que par son réseau de galeries et couloirs souterrains dont voici un cliché. Kerak, c'était le fief de l'affreux Renaud de Chatillon qui, par ses exactions, a sans doute précipité la prise de Jérusalem par Saladin.




Petra

Comment venir en Jordanie sans aller visiter l'incroyable Petra ? Nous n'allons pas vous donner de longues explications à propos de ce célèbre site archéologique tant il y aurait des choses à dire... Ce sont les Nabatéens, peuple nomade et de commerçants de la péninsule arabique, qui ont fondé Petra. Les Nabatéens se sont sédentarisés vers le IVème siècle de notre ère et ont fondé un grand royaume qui sera annexé par Rome en 106.

L'environnement naturel et les couleurs de la cité antique, la qualité de la préservation du site, le mariage des différents styles architecturaux empruntés aux Assyriens, aux Egyptiens, aux Grecs et adaptés à la sauce nabatéenne, et enfin de génie hydraulique nabatéens en plein désert rendent Petra absolument unique et passionnante. Ici, le plus célèbre monument de Petra, le Khaznè. Les dromadaires posent pour vous !


Le Siq est la faille qui donne accès à la cité perdue...



Les tombeaux creusés dans la roche nous font un peu penser à la Cappadoce...



Ed Deir, le monastère, caché sur les hauteurs a des proportions exceptionnelles. Imaginez : la tâche rose, sous la porte, est une personne ! L'édifice doit son nom aux premiers chrétiens venus s'y réfugier.




Le désert du Wadi Rum

Vous avez tous déjà vu les paysages du Wadi Rum dans le film "Lawrence d'Arabie". En effet, ces superbes formes et couleurs naturelles sont célèbres pour avoir servis de lieu de rassemblement aux troupeaux arabes durant la Grande révolte (1916) menée contre les Turcs ottomans par le colonel britannique T.E. Lawrence et le prince Fayçal. Au delà de ces considérations historiques, le Wadi Rum est vraiment magnifique... Nous allons donc vous conter nos deux jours passés dans le désert !

D'abord pas question de jeep ni de camp "bédouin" pour nous... Nous nous sommes donc gelés les miches (et le reste) dans une des quatre tentes encore dressées au pied du djebel Rum à l'entrée du village. Il faut dire que nous sommes en décembre. Et, s'il fait chaud en journée, ça caille sévère la nuit !!! (Les températures avoisinaient 0°C).



Aussi, nous nous sommes beaucoup promenés à pied pour profiter de la sérénité du désert et des curiosités naturelles du paysage... Ici, le djebel Rum.



Là, le canyon du djebel Kazali dont la roche semble fondre au soleil...



Plus loin, une dune de sable se cache du vent derrière la roche et s'en va rejoindre l'azur...



Et puis, un peu d'escalade pour profiter de l'infinité du désert tout en pique-niquant...



Nous n'avons pas résisté à la tentation de tester les montures locales... Il faut dire que les dromadaires sont rigolos !





Photo souvenir avec le bédouin (plutôt du genre à tirer le diable par la queue celui-ci) et les dromadaires...




Aqaba

Aqaba, sur la mer Rouge, est la seule ville portuaire de Jordanie. En face, Eliat l'Israelienne lui fait face. Ici sur quelques kilomètres se trouvent la Jordanie, Israël, l'Arabie Saoudite et l'Egypte... Et à notre grande surprise les eaux de la dite mer Rouge sont bien bleues !





vendredi 17 décembre 2010

La dynastie à l'honneur

Abdallah II est l'actuel roi de Jordanie. Son épouse est la reine Rania, elle-même d'origine palestinienne. Abdallah est devenu le chef de l'Etat en 1999, à la mort de son père le roi Hussein. En Jordanie, on trouve partout des portraits du roi tantôt portant le costume occidental et la cravate, tantôt l'uniforme militaire, tantôt la tenue de bédouin. Souvent, le portrait du roi est accompagné de celui de son père. Parfois, même revêtu d'un costume à l'occidental, il coiffe, à l'image d'une grande partie des Jordaniens, le Keffieh rouge et blanc.

Ici, à droite feu le roi Hussein. A gauche, le roi Abdallah II.



Parfois aussi, on représente toute la dynastie. En réalité, le roi de Jordanie est membre de la famille des Hachémites, anciennement gardiens des lieux saints en Arabie, et pour les musulmans cette filiation signifie qu'Abdallah II est le 43ème descendant du Prophète Mahomet.


Ici de gauche à droite : Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque jusqu'en 1924 ; Abdallah Ier roi de Jordanie assassiné à Jérusalem en 1951; Talal qui fut brièvement roi de Jordanie de 1951 a 1952 ; Hussein roi de Jordanie de 1952 a 1999 ; et enfin l'actuel Adballah II.

Un village devenu capitale... Amman

Dans les années 20, Amman n'était encore qu'un petit village. Aujourd'hui, la capitale jordanienne compte plus de 2 millions d'habitants (1 jordanien sur 3 vit à Amman). C'est dire le boum urbanistique qu'a connu la cité ! Amman n'a pas vraiment de centre, pas de place, c'est surtout une succession de collines couvertes de maisons et d'immeubles que ceinturent et découpent rues et routes. Il y a de grands boulevards et des autoroutes partout. Et dans cette ville-autoroute fatigante où il faut toujours monter ou descendre, la voiture est reine ! Amman est une ville moderne, bruyante, stressante et polluée...




À Amman aussi, plus de la moitié de la population est d'origine palestinienne. Ce sont aussi les Palestiniens qui détiennent une grande partie de l'économie jordanienne. Les postes de la fonction publique sont  quant à eux plutôt réservés aux Jordaniens de "souche", fils de bédouins... 



Il n'y a cependant pas que des autoroutes à Amman, il y a aussi un souk animé, des rues commerçantes, un théâtre romain et une citadelle où ont été relevées quelques ruines de l'antique Philadelphie et où l'on peut observer quelques morceaux des manuscrits de la Mer morte...



Et puis au coucher du soleil... toutes les villes sont belles !



الأردن نرحب

Bienvenue en Jordanie

Le Royaume Hachémite de Jordanie est trois fois plus grand que la Belgique et compte environ 6 millions d'habitants. Comme les états voisins, le pays a été créé après la fin de l'empire ottoman. Les Anglais ont tracé des lignes droites au milieu du désert et hop, un pays est né ! Aujourd'hui, plus de la moitié des Jordaniens sont en fait des immigrés/réfugiés palestiniens, et depuis quelques années des réfugiés irakiens sont encore venus gonfler la population du pays. Sachez aussi que la Jordanie est un des pays du monde les plus pauvres en eau ... logique pour un morceau de désert !


Voici le drapeau jordanien. En fait, le drapeau jordanien est le même que le drapeau de l'autorité palestinienne avec l'étoile à sept branches en plus dans le triangle rouge. Cette étoile est un symbole de l'Islam et représente les sept premiers versets du Coran. Entre 1948 et 1967 la Jordanie, appelée aussi Transjordanie, comprenait également la Cisjordanie, West Bank.

Désertique, et sans doute trop peuplée (pour un désert !) la Jordanie base son économie sur le tourisme. Elle vit aussi des subsides des Etats-Unis qui comptent bien la garder comme alliée. Enfin, pour l'instant, elle assure sa croissance économique en suivant les politiques du FMI et de l'OMC, en libéralisant son économie, en privatisant et en faisant de sa seule ville portuaire, Aqaba, sur la mer rouge, une zone franche... Bref, la Jordanie espère s'en sortir en suivant à la lettre le dogme des fondamentalistes de l'économie néolibérale... c'est pas gagné !!!