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jeudi 28 février 2008

La Bolvie d'Evo Morales, la révolution en marche !!!

Ca ne devrait être un secret pour personne, l'Amérique Latine est un continent constamment meurtri par le capitalisme et le néolibéralisme au profit des pays occidentaux et de l'oligarchie locale, et par la dictature d'un impérialisme US qui n'a jamais hésité et qui n'hésite toujours pas à baffouer les droits de l'Homme et à exprorpier les droits sociaux !!!

En effet, l'Amérique Latine (comme d'autres pays du Sud), et plus particulièrement la Bolivie, a toujours vu ses ressources naturelles sauvagement exploitées par et pour les pays les plus puissants de la planète, au dépend de populations locales à leur tour exploitées de manières honteuses !!!

Pour qui ne supporte plus de voir règner en maître un système de valeurs qui place la réussite matérielle sur un piédestal et qui considère l'être humain comme une marchandise, se trouver en Bolivie, à l'heure où indigènes, ouvriers et paysans se lèvent pour réclamer ce qui leur est du, c'est tout simplement exaltant...


Le 18 décembre 2005, Evo Morales, fondateur du parti MAS (Mouvement vers le socialisme)
a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour avec une majorité absolue. C'est la première fois que la Bolivie est présidée par un indigène !!! Autant dire que c'est le premier pas vers une indépendance "réelle" du pays, puisque depuis la décolonisation, en Bolivie, le pouvoir politique et économique est resté aux mains de l'oligarchie d'origine européenne.

Evo Morales, qui entend libérer le pays des méfaits de la néocolonisation (les pays du Sud ont-ils seulement jamais été libres ou indépendants), axe sa politique sur trois points.

- La nationalisation (sans expropriation) des ressources en hydrocarbures (surtout le gaz). Ainsi, l'Etat doit être propriétaire de toutes les ressources naturelles, y compris à la bouche du puits, et doit en contrôler la production et la commercialisation.

- La légalisation de la coca, symbole de la lutte contre l'impérialisme US pour les Boliviens (pour eux cette feuille est très importante rituellement, socialement, culturellement et économiquement). Pour Evo Morales, coca ne signifie pas cocaïne. Il veut préserver l'usage traditionnel de la feuille de coca et promouvoir de nouvelles utilisations et formes de commercialisation légale. Mais entend néanmoins combattre l'élaboration de cocaïne (extraite de la feuille de coca) et le trafic de drogue (qui profite surtout aux pays occidentaux).

- La lutte contre l'impérialisme US. Evo Morales ne veut ni soumission ni subordination de la Bolivie. Il souhaite un dialogue avec les Etats-Unis et ne veut aucune occupation militaire US en Bolivie (celle-ci est justifiée par les USA par la guerre contre la drogue).

Mis à part Santa Cruz et la droite conservatrice, Evo Morales est très aimé par les Boliviens d'origines indigènes qui voient en lui une sorte de Che Guevara qui réussit démocratiquement.



Ici dans La Paz... Une oeuvre de rue qui dénonce, entre autres, le poid de la dette extérieure, du pouvoir de l'argent et de la corruption. Une pièce de 1 boliviano, brisée en deux, sur laquelle est inscrite la devise de la Bolivie (l'Union, c'est la force ! Cela vous rapelle quelque chose ? ) est également représentée pour dénoncer la division du pays à cause du pouvoir de l'argent et d'intérêts économiques divergeants... Critique souvent énoncée à l'égard de la province autonomiste de Santa Cruz...








Ici, une autre peinture de rue qui dénonce l'homme marchandise, et un État vendu aux intérêts économiques des plus puissants de la planète.














A l'Université de La Paz... A coté du portrait du Che est inscrit - "Toute notre action est un cri de guerre contre l'impérialisme. (du groupe RebelDia)"










Mercredi 27 février 2008, devant le palais législatif de La Paz, une grande manifestation regroupe des dizaines d'associations de paysans, de travailleurs, et, entre autres, de paysans sans terre.

Le Jeudi 28, même les mineurs descendent dans la capitale avec drapeaux, pancartes et... dynamite ! Les détonnations ont même fait croirent au plus naïfs que c'était la guerre !!!








Les manifestants louent l'action de leur président et réclament "tout le pouvoir aux Boliviens"...












L'ambiance est bon enfant, mais les manifestants sont déterminés !!! Ils soutiennent la nouvelle constitution qui a été adoptée le dimanche 9 décembre 2007 par plus des 2/3 des membres de l'Assemblée Constituante. Chacun des 408 articles a été voté et approuvé. Le nouveau texte ne sera effectif qu'après avoir été soumis à un référendum. Celui-ci sera décisif pour la Bolivie car cette nouvelle Constitution, d'inspiration socialiste, permettra à Evo Morales et à son gouvernement de poursuivre et de renforcer leur action.





Pour beaucoup, c'est aussi l'occasion de montrer leur attachement à l'unité de la Bolivie que "des oligarques et des étrangers veulent diviser à leurs profits". Allusion faite à la demande d'autonomie accrue de Santa Cruz.









Ce genre de graffitis sont nombreux à La Paz et à Sucre !!!












Très certainement, le changement est à l'ordre du jour en Bolivie. En remettant en cause le «modèle néolibéral» et l’«Etat colonial», Evo Morales marche pour une nouvelle Bolivie plus juste et plus égalitaire. Cependant, il a beaucoup d'opposants dans les provinces les plus riches. Certains disent que si la crise n'est pas bien gérée, il y a un risque que malheureusement elle dégénère en guerre civile! Affaire à suivre...

La guerre du Pacifique, une plaie béante...

Nous l'avons déjà expliqué, le Chili a volé de manière criminelle toute sa côte à la Bolivie, durant la Guerre du Pacifique qui eut lieu de 1879 à 1883.

Bien que cela fasse maintenent plus de 120 ans que les Boliviens ait perdu leur côte, ils la pleurent encore, et dans le pays, on fait tout pour que cet épisode de l'histoire nationale ne soit pas oublié !!!

Ainsi, à Sucre, nous avons pu faire la visite d'une exposition ITINERANTE et GRATUITE consacrée à la guerre du Pacifique. On y explique patriotiquement et métodiquement le viol de l'intégrité du territoire bolivien, la fourberie des Chiliens et le courage des soldats et civils boliviens.

A La Paz, il y a même un musée appelé Musée du littoral bolivien. Et de nouveau, on y explique toute l'injustice de la perte de l'accès à la mer, et surtout les origines économiques (capitalistes) du conflit et le soutien des Anglais au Chili.

Sur un des murs du musée (voir photo) est inscrit La Bolivie n'a pas perdu et ne perdra jamais son droit de réclamer son accès à la mer comme attribut indispensablement vital. Le littoral boliven est et restera bolivien !

Une chose est certaine, nous n'avons pas fini d'entendre parler de ce dossier !!!

Tiens, tiens, voilá une bonne idée pour étudiant en histoire cherchant un sujet de mémoire...

Tiwanaku, la porte du soleil sous la pluie !!!



Situé à 70 km de La Paz et 20 Km du lac Titicaca (et pas pipicaca... Notez que l'autre grand lac de la région s'appelle le lac Poopo... On peut dire qu'ils ont été inspirés dans le coin... Peut-être une secte de scato ?!) se trouve le site où se dressait la capitale de la civilisation Tiwanaku (ou Tiahuanaco selon la langue).

Sachez seulement que la civilisation Tiwanaku connut son âge d'or entre 900 et 1200 après JC (pas Jean-Christophe) à la suite d'un long processus de dévelopement debuté environ 2000 ans plus tôt. C'est la civilisation qui a eu la plus grande longévité dans les Amériques. Elle constitue le berceau de la culture Aymara.







Voici la porte du soleil. La capitale Tiwanaku fut le centre politique et religieux d'un empire théocratique s'étendant sur une grande partie du Pérou et de la Bolivie, et une petite partie du Chili et de l'Argentine actuels...

Beaucoup de symboles et d'éléments appartenant à la culture Tiwanaku ont été attribués, à tort, à la culture Inca. Les Incas (ou plutôt l'empire de l'Inca) n'ont régné que moins d'un sicècle sur la région (détronés par les Espagnols). Il faut donc relativiser l'importance de l'empire Inca.





Ces mêmes symboles Tiwanaku ont inspiré Hergé pour Tintin et le Temple du Soleil. Mais toutes les icônes et tous les symboles prétendument incas sont en réalité Tiwanaku...

Les connaîssances des Tiwanakus étaient grandes en de nombreux domaines et spécialement en astrologie... Aujourd'hui, on revient même à leurs techniques d'irrigation et de culture, plus rentables...












Une culture qui fait rêver...

Anecdote qui vaut le détour... Avant de prendre constitutionnellement ses fonctions de président au palais législatif devant un parterre d'officiels, Evo Morales, le premier président indigène de Bolivie, a été symboliquement intronisé chef de l'État sur le site Tiwanaku, parré des attributs des chefs d'État tiwanakus, par la communauté Aymara...

La Paz, une ville surréaliste...

Nuestra Señora de La Paz, appellée plus couramment La Paz, est la capitale "de facto" de la Bolivie. Cette ville de près de 2 millions d'habitants est vraiment incroyable. Étagée de 3000 à 4100 mètres d'altitude dans un immense canyon encaissé, son tissu urbain, remontant du fond de la vallée jusque sur l'Altiplano, donne le vertige !!! D'en bas, on peut admirer des montagnes de maisons qui s'en vont rejoindre le ciel. D'en haut, et comme trouant le haut plateau andin, La Paz donne l'impression d'être un grand cratère rempli d'un nombre incalculable de maisons et d'immeubles...





Tout en bas se trouvent les quartiers chics et riches... Les catégories les plus aisées de la population profitent d'un climat plus clément.

En hauteur, la tête dans les nuages et la pluie, les quartiers les plus pauvres grimpent sur les montagnes et s'étendent sur l'Altiplano. Les maisons y sont perpétuellement en construction et la pauvreté y est palpable. C'est là que s'installent les immigrants venus de la campagne.

Entre les deux, les vieux quartiers historiques, le patrimoine culturel et le siège du pouvoir politique et économique bolivien.






Ici, la plaza Murillo (révolutionnaire de 1809 excécuté par les Espagnols). A gauche, le palais législatif. A droite, le palais présidentiel. Cette place est le théâtre des nombreuses manifestations qui ont lieu dans la capitale...










Ici, le pont des Amériques...














La Paz nous plaît beaucoup. Les gens y sont beaucoup moins stressés qu'à Santiago du Chili ou que dans les grandes villes européennes, et elle n'a rien à voir avec cette folie urbaine qu'est Buenos Aires.

Au milieu de montagnes grises, La Paz est pleine des couleurs des marchés, des boutiques, des vêtements traditionnels et des drapeaux révolutionnaires d'un peuple qui demande respect et justice...

La Bolivie en couleurs

Pas évident de prendre des photos en douce...

Depuis des siècles, bien avant l'arrivée des Espagnols, les cultures andines ont développé un art du textile hors du commun. Pour les différentes communautés Quechua et Aymara, chaque tissu ou pièce de vêtements est un bien tout à fait singulier. Qu'il soit destiné à l'habillement, aux rites ou aux transports de marchandises, le tissu est toujours la signification d'une appartenance tribale et évoque soit divers évenements de la vie quotidienne des campagnes (carnaval, mariages, décès, récolte des pommes de terres, élevage de lamas, etc.), soit un monde merveilleux habité par des animaux magiques et monstrueux vivant dans un chaos désorganisé.




Partout en Bolivie, le port ou l'utilisation de tissus riches en couleurs vives rendent les rues quelques fois ternes et fatiguées plus chaleureuses et vivantes.











Ici à Tarabuco, comme partout dans les campagnes et contrairement à ce que l'on peut observer en ville, les hommes portent chapeaux, ponchos et sandales traditionnels.

Dans les villages, les tisseuses reproduisent avec soin les gestes millénaires d'un artisanat riche en rites et en symboles importants pour toutes les communautés. Mais attention, le textile bolivien est loin d'être un art figé par la tradition. Il est en constante évolution, et de nouveaux motifs et thèmes apparaîssent encore de nos jours.










Quelques Cholitas de La Paz.

Comme presque partout dans le pays, les femmes portent toujours l'habit traditionnel... À la seule différence qu'ici, à La Paz, les tissus sont plus fastueux et les sombreros sont un peu plus hauts...

Sucre, une capitale qui n'en a que le titre.

Entre la Bolivie amazonienne et la Bolivie de l'Altiplano, il y a la Bolivie des vallées au climat doux et supportable... C'est là que se trouvent, entre autres, Cochabamba et Sucre qui cultivent un certain art de vivre.

Sucre est fondée en 1538 et, rapidement, les Espagnols, qui ne supportent pas la rigeur du climat de Potosi, s'y installent. Sucre devient un centre administratif.

C'est aussi à Sucre que la première univertsité bolivienne voit le jour. Aujourd'hui encore, Sucre est une ville étudiante et animée.

Sucre est la capitale constitutionnelle de Bolivie. Donc officiellement, SUCRE EST LA CAPITALE DE BOLIVIE, n'allez surtout pas dire le contraire à ses habitants !!! Cependant, Sucre n'est pas la capitale "de fait" de la Bolivie... En effet, vers la fin du XIXème siècle, la pouvoir politique est transféré à La Paz. Aujoud'hui, l'assemblée législative, le gouvernement, le Président et la banque centrale se trouve à La Paz. Sucre a seulement conservé la Cours Suprême... Sucre est donc une capitale muette.



Sucre , la cité blanche, est également un bijou de l'art baroque (un de plus !!!).

Ici, la Casa de la Libertad. C'est dans son salon principal, siège du parlement de 1825 à 1898, que fut déclarée l'indépendance et la création de la république de Bolivar (ex Haut-Pérou) le 6 août 1825.








Au centre de la place principale de la ville (environs 250 000 habitants) trône la statute du libertador le Maréchal Antonio José de Sucre (1795-1830).
D'abord nommée Charcas, Chuquisaca (aujourd'hui nom de la province), puis La Plata, la ville prit enfin le nom du célèbre vainqueur d'Ayacucho.

























mardi 26 février 2008

Suite à vos sollicitations...

... et comme un peu de légèreté et de bonne humeur ne peuvent pas faire de mal dans ce monde un peu trop souvent triste... Voici quelques photos et nouvelles de nous, plus particulièrement.

Ainsi, quand nous ne sommes pas en voyage pour des heures dans un bus pourri, que nous ne sommes pas à la recherche d'une chambre, d'une lavanderia (pour laver notre linge), d'une douche d'eau chaude ou d'un mercado (pour trouver quelques légumes), que nous ne sommes pas en train de visiter parmis les plus beaux paysages, centres urbains ou musées, que nous ne sommes pas à un match de foot sans goal (finale Sucre-Potosi), que nous ne sommes pas en train de refaire le monde avec des Chiliens, des Argentins ou des Brésiliens, de pester sur la pollution environnementale omniprésente, sur la dictature du capitalisme et de l'impérialisme US qui étrangle l'Amérique Latine, ou sur ces satanées connexions internet... ben, on vit tout simplement !!!



... en fêtant dignement le quart de siècle de Jean-Yves, par exemple.

Le 7 février, Cora a offert un tout bon resto à Jean-Yves (merci maman Angela) visiblement trop content !!! C'est fou comme un morceau de boeuf argentin bien saignant peut mettre un homme dans tous ses états.

Il faut dire que Cora a choisi un cadeau dont elle a bien profité elle aussi... Ca ne fait pas de mal de se faire du bien...





Oufti !!! un repas sans viande, et même pas un petit peu... Vive les sandwiches avocats, radis, comcombres facon Coraline... Et une petite bière pour changer de l'eau et pour ne pas perdre la forme...











... on sort nos sacs de couchage pour... dormir sur les couvertures... C'est pas que nous soyons vite dégoutés, mais il faut dire que dans certains hostals boliviens, on ne change pas les draps souvent... De chambres pouilleuses en chambres pourries, nous sommes contents d'avoir pris nos taies d'oreiller.










... Cora s'exerce à de nouveaux tours pour épater la galerie en guindaille, à la rentrée... Amis du Fief préparez-vous ! On vous prévient, ca ne vole pas très haut !!!

Concepciòn et San Javier, juste pour les yeux...



L'église de la mission de San Javier.































Salut coco...















Des couleurs et de la lumière dont on ne se lasse pas...













... surtout quand le soleil se souche.

Les républiques de Dieu...


Le 14 et 15 février nous continuons notre route vers l'Est pour aller visiter Concepción et San Javier, deux des missions de Chiquitos fondées par les jésuites, au cours du XVIIIème siècle, dans cette région en borbure de l'Amazomie.

Au coeur d'un environnement superbe et de villages tranquilles, ces missions, reconnues patrimoine de l'humanité par l'Unesco depuis 1992, sont de véritables bijoux d'art et d'architecture.




Les églises, en forme de châlets suisses et richement ornées, furent édifiées par le prêtre suisse, musicien et architecte Martin Schmidd entre 1749 et 1767. Elles constituent un autre bel exemple de l'art baroque en Bolivie.










Les extérieurs sont superbes, les intérieurs sont sublîmes !!! Que de richesses (merci les mines de Potosi et ces millions de morts) mises sous les yeux des sauvages pour les convertirs à la parole de Dieu...










Concepciòn c'est un vrai coin de paradis... La bonne humeur de ses habitants, la beauté de l'environnement... Le bout du monde, merveilleux et exotique tel que l'on se l'imagine...










Santa Cruz... ne veut pas partager !!!

Le lundi 11 février nous arrivons à Santa Cruz, et ici, c'est encore une autre Bolivie qui s'offre à nous. La dizaine d'heures de voyage pour y parvenir nous permet de découvrir de nouveaux paysages. La terre est rouge, tout est très vert et les superbes montagnes couvertes d'une végétation sauvage sont découpées par de grands ríos aux eaux boueuses et indomptables. Dans cet Oriente bolivien, à l'approche de l'Amazonie, il fait de plus en plus chaud et de plus en plus humide... Le soleil règne en maître !

Santa Cruz est la capitale de la province du même nom. C'est la plus grande (1/3 du pays) et la plus orientale des 9 provinces boliviennes. Ce sont les Cambas, métisses de descendants espagnols et indigènes, qui habitent Santa Cruz. Leur culture et leur une cuisine (mmmh) sont très différentes de celles du reste de la Bolivie.




Ces dernières années, Santa Cruz a connu un boum économique grâce à la découverte et à l'exploitation de gaz (deuxième réserve d'Amérique Latine et grand fournisseur du Brésil) et d´hydrocarbures, et aussi un peu grâce à l'agriculture, le commerce du bois et, paraît-il, au trafic de la coca... Cette réussite économique a provoqué la migration de nombre de Boliviens vers l'Oriente. Depuis une quinzaine d'années, la ville de Santa Cruz s'est modernisée (!? ce qui ne veut rien dire !? Comprenez occidentalisée ou américanisée) et a poussé comme un champigion. Santa Cruz, c'est propre, c'est chic, c'est riche. Ca se sent et ca se voit !!! Santa Cruz, c'est aujourd'hui la ville la plus peuplée de Bolivie ( 2 millions d'habitants), la nouvelle capitale économique et la locomotive néolibérale et capitaliste du pays.


Dès notre arrivée à Santa Cruz, nous sentons que l'ambiance est spéciale...
Le premier Cruceño (un métisse) que nous rencontrons donne le ton. Pour lui, Santa Cruz, c'est la ville la plus argéable, la plus propre et la plus riche de Bolivie. Il ajoute "nous, on veut l'autonomie pour mieux profiter de nos richesses, le président de Bolivie c'est un indigène et ce n'est pas bon... il ne comprend rien !!!"
D'autres nous diront plus tard que Santa Cruz génère 70 % des richesses du pays et que Santa Cruz ne profite que de 10 % de cette part et que c'est pour cela que ca doit changer !!!



A Santa Cruz, toute occasion est bonne pour rappeler que les Cruceños sont différents et qu'ils ont des revendications. C'est inscrit sur les bâtiments, sur les brochures touristiques (voir ci-contre - "Autonomie en marche"), sur les autocolants, sur les drapeaux vert et blanc de la province qui sont omniprésents, et même lors des spectacles traditionnels dans les restos ou pour les touristes. On parle de l'autonomie à la télévision, dans les journaux. Sur certains murs de la ville, des graffitis traitent même le président bolivien, Evo Marales, de "fils de pute" et souhaitent sa mort...



Il faut dire que ce sujet constitue une des problématiques politiques majeures en Bolivie pour le moment. Elle est source de tensions dans tout le pays. A La Paz, et dans les autres villes de Bolivie, au contraire, nombre de graffitis, de pancartes et de brochures louent le président bolivien et proclament que "la Bolivie est unie pour toujours".

Il faut dire que le contexte politique bolivien est particulier. Evo Morales, premier président indigène (il était temps!) et très à gauche, entend faire sa révolution sociale (démocratiquement) en faveur des très nombreux pauvres que compte le pays. Il veut mener une politique sociale drastique, nationaliser ressources et entreprises, répartir équitablement les richesses (il a réduit le budget fédéral aloué à Santa cruz), refonder l'Etat sur des bases plus égalitaires grâce à une nouvelle constitution (pas encore adoptée) et refuse les conditions de Santa Cruz pour une grande autonomie de la région. (Pour ceux qui sont intéressés, sachez qu'il y aura bientôt sur le blog un volet Evo Morales et politique en Bolivie !!!)




Quoiqu'il en soit, à Santa Cruz on vit bien !!! Nous avons beaucoup marché dans le centre et dans les quartiers périphériques de la ville, et ca donne une étrange impression de voir, dans le pays le plus pauvre d'Amérique du sud, tant de boutiques chics, de villas et de sompteuses maisons protégées par de grands barreaux derrière lesquels sont garés de belles voitures et de gros 4x4...





Comme quoi, c'est pareil partout, l'homme est incorrigible, plus on en a et moins on veut partager !!! Et dire que des Belges arrivent encore à s'étonner de l'ardeur des velléités autonomistes d'une région!!! C'est un comble, non ?

lundi 25 février 2008

Mardi gras ou mardi de Ch'alla ?


Nous l'avons déjà dit, le mélange des croyances est grand en Bolivie. Le mardi gras, qui ne correspond pas neccessairement avec les festivités du carnaval, en est un nouvel exemple.
En Bolivie, le mardi gras est férié. En ce dernier jour avant le carême, des messes ont lieu. La journée prend donc une signification chrétienne.
Mais c'est également le jour durant lequel les Boliviens fêtent le martes de Ch'alla.
En famille, chez eux, dans leur cour, devant leur maison, ou par exemple devant leur bus pour les chauffeurs les plus amoureux de leur véhicule, les Boliviens allument un Q'oa pour rendre hommage à la Pachamama, la Mère-Terre, une divinité importante et vénérée depuis très longtemps dans la région des Andes (depuis bien avant les Incas).
Le Q'oa est une sorte de petit barbecue transformé en autel sur lequel les Boliviens font brûler toute sorte d'offrande (chocolat, feuilles de coca, faux billets, tabac, foetus de lamas, figurines représentant un lama, un bébé, Jésus, la richesse, etc...) pour la Pachamama. C'est une sorte de rite de purification et de protection. Les protagonistes du rite demandent bonheur et réussite matérielle aux divinités pour l'année à venir.
A côté des Q'oa, les Boliviens effectuent des sortes de libations avec la bière qui coule à flot en ce jour de fête. Ainsi, tout en buvant un verre avec les amis, la famille et les collègues, et en mangeant un morceau, ils vident quelques goutes de bière ou d'alcool sur le Q'oa, devant chez eux, sur leur véhicule ou dans leur maison... Tout ce jour-là est décoré de serpentins de toutes les couleurs.
Cette pratique d'origine aymara et quecha est toujours bien vivante dans les campagnes comme dans les villes.

Photo Bonus pour Christian M.


Ici comme ailleurs, le roi de la fête, c'est toujours lui...
La ressemblance est frappante non ?
(Bombe de mousse vendue en quantité lors des différents carnavals boliviens)