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dimanche 22 mai 2011

Au confluent des saveurs...

Un peu à l'instar du thali indien, mais en bien moins copieux, et moins parfumé, le plat traditionnel népalais est le dal bath. Ce plat, pratiquement toujours servi dans un service en bronze, se compose de riz blanc (bath), d'une soupe de lentilles (dal), d'un curry de légumes, et quelques fois de viande ou de curd (yahourt). Même si au premier abord, le dal bath n'est pas particulièrement varié et abondant, il constitue un excellent repas car riche en sucres lents (super lors d'un trek en montagnes par exemple) et servi à volonté (super pour les petites bourses au gros appétit).




Mis à part quelques spécialités newars (ethnie originaire de la vallée de Kathmandu), le Népal, par sa situation géographique jouit d'un melting-pot culinaire intéressant. On retrouve bien évidemment l'influence de la cuisine indienne, avec ses savoureux curries ; l'influence de la cuisine chinoise (nouilles sautées, plats aigre-doux, etc.) ; et bien-sûr, et c'est la plus présente au Népal, l'influence de la cuisine tibétaine. Partout on trouve des thukpas et des tenthuks qui sont de gros potages à base de nouilles. Vraiment savoureux ! Et puis, bien sur, le plat tibétain incontournable au Népal, ce sont les momos. Ces petits raviolis fourrés à la viande ou aux légumes et cuits à la vapeur se trouvent à tous les coins de rues pour trois fois rien. On s'en régale presque tous les jours...



Ici en compagnie de compatriotes habitués du Népal (mais surtout grâce à leur bons filons), nous découvrons la tungba, bière de milet servie chaude dans un grand gobelet de bois. En fait, le pot de bois est plein de milet fermenté et on le rempli à quatre ou cinq reprises d'eau chaude. La première impression est certes surprenante, mais on s'y fait vite... D'ailleurs, nos nouveaux potes sont maintenant retournés en Belgique, mais nous continuons régulièrement à consommer ce breuvage qui, disons-le, peut s'avérer "traître".... et que l'on accompagne pour l'apéro d'une petite assiette de buff chili (chili de buffle)... La tungba, c'est aussi excellent pour faire des rencontres dans les bouibouis locaux. Comme vous pouvez le constater, on ne se laisse pas mourir ;-)


Le Népal c'est aussi...

...une déesse vivante

On l'appelle la Kumari Devi. Nous vous en proposons une photo d'une photo parce qu'elle ne peut être prise en photo !!! De toute façon, par respect, nous ne prenons pas beaucoup de photos de gens qu'ils soient dieux ou pas...

La coutume de la Kumari Devi remonte à plus de deux siècles. Choisie dans la caste des orfèvres newar, la fillette qui sera la Kumari Devi jusqu'à ses premières menstruations, doit avoir plus de 4 ans et présenter 32 signes distinctifs très précis, qui vont de la couleur des yeux à la forme des dents en passant par le son de la voix. Son horoscope doit être favorable et elle doit passer une série d'épreuves qui sont sensées révéler son caractère divin.  

Une fois devenue Kumari Devi, la fillette s'installe avec sa famille dans un palais du centre de Kathmandu où elle vit recluse ne se montrant en public qu'une fois par jour et pour certains festivals religieux. Elle bénit aussi le Président de la République. A sa puberté, elle redevient une simple mortelle et est remplacée. Le temple lui verse une dot substantielle. Il lui sera difficile de trouver un mari parce qu'épouser une ancienne Kumari porte malheur...

Sachez enfin qu'en réalité, il existe plusieurs déesses vivantes dans la vallée de Kathmandu.




... des stupas partout

Un stupa est un monument religieux bouddhique en forme de cloche, conçu à l'origine pour abriter des reliques du Bouddha. On en trouve partout, en ville comme dans les villages et à la campagne. Il y en a d'énormes et de touts petits. Il y en a un pratiquement dans toutes les cours de Kathmandu. Sur les faces du bloc cubique qui le surmonte, les yeux du Bouddha regardent les quatre coins cardinaux. Ce n'est ni un regard triste, joyeux ou sévère. C'est le regard qui voit et qui sait tout. En guise de nez, le chiffre "1" népalais  qui ressemble à un point d'interrogation (les Népalais n'utilisent pas "nos" chiffres arabes) symbolise l'unité de toute vie.




... une crise politique à la belge

Non, en réalité c'est pire au Népal. Si si, c'est possible !

En fait, après des années de guérilla, les rebelles maoïstes ont intégré l'armée népalaise et le Parti communiste du Népal (les maoïstes) a intégré un gouvernement de transition en 2007. Fin de cette année-là, le Parlement provisoire met fin à la royauté (revendication des communistes) et vote la résolution prévoyant de faire du Népal "un Etat fédéral, démocratique et républicain" après l'élection d'une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le pays. En avril 2008, le Parti communiste devient le premier parti népalais en remportant plus d'un tiers des sièges de l'assemblée constituante. En mai 2008, la République est proclamée. 

Mais voilà, depuis 2008 le pouvoir législatif est détenu par l'assemblée constituante qui n'a toujours pas proposé de nouvelle constitution. C'est en réalité 25 partis très divergeant qui doivent se mettre d'accord. Politiquement, le Népal est dans l'impasse et toutes les réformes dont le pays a besoin ne peuvent être prises. Ainsi la population en a plus qu'assez, réclame un consensus politique et une nouvelle constitution rapidement et se met en grève générale un jour ou deux toutes les semaines. Plusieurs fois au cours du mois de mai et aujourd'hui même (le 22 mai 2011) Kathmandu et les autres villes sont vides de toute voiture, tous les commerces sont fermés, les écoles aussi et les rues se transforment en aires de jeux et de détente ! 

Et dire que les Belges viennent encore se plaindre !




... les moulins à prières

Autour des stupas et des temples, il y a de nombreux moulins à prières. Chacun de ces moulins porte des mantras sacrés (phrases sacrées) et sont actionnés par les Bouddhistes qui tournent autour du temple ou du stupa. Les prières s'envolent ainsi au vent...






... les champs en terrasse

Nous l'avons déjà dit, le relief du Népal est très accidenté. C'est le moins que l'on puisse dire ! Ainsi, on y voit rarement de longues superficies planes cultivées. Ici, il y a tout de même des champs partout dans la montagne : le riz, le maïs, l'orge, le milet et les légumes sont cultivés sur de petites parcelles en terrasse. Nous l'avons également expliqué, 80 % de la population vit de l'agriculture. Le travail avec des moyens modestes, en pente, sur de petites parcelles est difficile. Mais au moins, soulignons que la configuration de cette agriculture protège les paysans népalais des convoitises de l'industrie agricole dont sont victimes nombre de paysans à travers le monde. Dans les montagnes népalaises, la technologie de l'agrobusiness ne saurait être rentable. Les paysans népalais conservent donc la propriété de leur terre qu'ils continuent à cultiver de manière saine. C'est peut-être un travail difficile mais les familles paysanne continuent à se nourrir et à vendre les excédents sur les marchés locaux et ceux des grandes villes les plus proches. Encore une fois, on est loin de l'Inde où les campagnes se meurent et où les agriculteurs se suicident par centaines ! Ceci dit, il y a beaucoup de choses à faire pour développer l'agriculture au Népal où l'accroissement de la population constitue un nouveau défi alimentaire.




... le lac de Pokhara

Joli avec les montagnes qui l'entourent.




... les drapeaux de prières

Les drapeaux de prières népalais sont de petits morceaux de tissu rouge (feu), vert (bois), jaune (terre), bleu (l'eau) et blanc (l'espace) couverts de prières qui sont accrochés en guirlande au sommet des cols, entre les arbres, à l'entrée des temples ou sur les terrasses des maisons un peu partout. Ils sont sensés porter bonheur et chance ; et le vent qui souffle emporte avec lui les formules sacrées pour les disperser dans l'espace...




samedi 21 mai 2011

Photo bonus pour le roi du Carnaval !!!

Si en Bolivie, Momo est la roi de la fête, au Népal on le bouffe ! On en trouve partout, ils ne coûtent pas chers et ils sont délicieux... D'ailleurs les Népalaises adorent croquer les momos ;-). Pour en savoir plus sur les momos, tu n'as qu'a consulter notre chronique gastronomique que, j'en suis certain, tu ne manques jamais ! Gourmand va !!! 



Une semaine exceptionnelle de randonnée dans l'Hymalaya

Le jeudi 12 mai, après une petite halte à Pokhara, nous voici partis, seuls avec le strict nécessaire dans nos petits sacs à dos (les gros étant restés à Pokhara), pour une semaine de randonnée. Et quelle randonnée ! Pendant une semaine, nous allons découvrir les sentiers de montagnes, montant jusqu'à 3200 mètres, allant de village en village, de gîte en gîte avec pour panorama les sommets enneigés de l'Himalaya. Nous avons dégusté chaque moment de cette semaine d'air frais, de quiétude, de villages vierges de tous engins motorisés et de sourires népalais. Nous vous proposons peu de commentaires et beaucoup de photos !




Analyse de la carte pour ne pas se tromper en chemin. En réalité, on croise de temps en temps d'autres randonneurs ou des villageois qui renseignent volontiers.




En chemin, traverse de terre, escaliers de pierres plates, sentiers de cailloux, nous croisons les enfants en uniforme qui partent pour l'école au village d'à côté, les porteurs qui acheminent au prix de durs efforts les marchandises dans les hameaux et les caravanes de chevaux et d'ânes suivis de leur maître qui siffle et crie pour les faire avancer. 






Ici le village de Ghorepani à 2860 mètres atteint après une marche de 5 heures et de rudes montées.




Dans chaque villages, le long des sentiers arpentés par les trekkeurs et la population locale, les villageois proposent des gîtes et de la bonne cuisine. Ce qui est intéressant, c'est que les villageois sont organisés en communautés qui règlementent le tourisme dans les hameaux. Ainsi, tous les gîtes proposent la même carte et les mêmes tarifs pour les chambres et la nourriture. Il n'y a donc pas de compétition entre les familles, de marchandage désastreux, ni de harcèlement des étrangers qui arrivent. Tout le monde, en chemin comme au village est simplement souriant et accueillant (on est loin de l'Inde !). Ce qui est intéressant également, c'est que les Népalais des montagnes se préoccupent beaucoup des menaces qui pèsent sur l'environnement et leur culture et qu'ils conscientisent les randonneurs. Par exemple, un peu partout, il est facile de faire remplir d'eau bouillie ou filtrée sa gourde ou sa bouteille pour limiter la consommation de plastique. Autre exemple, les communautés demandent aux randonneurs de ne pas donner aux mendiants pour ne pas les encourager. Il faut tout de même dire qu'il y a très peu de mendiants dans la montagne, ce sont plutôt des enfants qui espèrent obtenir une barre chocolatée ou énergétique de randonneurs généreux.


Poon Hill, 3210 mètres d'altitude, nous n'irons pas plus haut. C'est ici que beaucoup viennent pour voir le panorama sur l'Himalaya. Nous ce matin là, nous n'avons rien vu !





Les chemins, les montagnes, les forêts traversées, les champs en terrasses, les rivières et torrents, tout est magnifique...




Sur les ponts suspendus, on se prend pour Indiana Jones...






Les matinées sont magnifiques, nous démarrons toujours tôt vers 7h30. Il faut arriver avant la pluie qui commence à tomber vers 14 heures en cette saison, surtout depuis que la mousson est plus précoce. Arrivés au village, ci-dessous, Tadapani à 2630 mètres d'altitude, nous prenons notre repas et passons un après-midi tranquille en admirant le ciel qui se déchaîne...




La drache, l'orage et la grêle en montagne c'est toujours un fabuleux spectacle...



Après-midi au gîte...




 


Lever au petit matin vers 5h pour ne pas louper les magnifiques levers de soleil... Devant nous, le Machhapuchhare ("queue de poisson") qui culmine à 6997 mètres.




Petit déjeuner face à l'Annapurna Sud (déesse des moissons) qui culmine à 7219 mètres.




Le village de Tadapani au lever du soleil...




Le sommet de l'Annapurna Sud nous apparaît au travers de la forêt à la végétation dense et aux bruits tropicaux.



Lever de soleil depuis le village de Ghandruk, hameau qui vaut à lui seul le détour...




Ici, l'Annapurna Sud et le Hiun Chuli ("crête enneigée") depuis le village de Tolka.




L'Himalaya, on ne s'en lasse pas...





Nos deux bouilles au lever...



Bandipur... juste pour le plaisir !

Le samedi 7 mai au matin, après 10 jours passés à Kathmandu, nous décidons de partir pour nous balader dans les contreforts himalayens du côté des Annapurnas. Mais la vallée entre Kathmandu et Pokhara est tellement belle que nous décidons de faire une halte de quelques nuits au village de Bandipur.

Bandipur est un petit village de 1000 habitants posé sur la crête d'une montagne et offrant donc une vue imprenable sur deux vallées. Nous y sommes montés à 25 dans une jeep : Cora écrasée dans la benne avec d'autres femmes, des villageoises qui remontaient chez elles, et Jean-Yves sur le toit, agrippé à de gentils Népalais plus habitués à ce genre de rodéo.





Bandipur, c'est l'occasion de découvrir le quotidien et la culture népalaise tranquillement et de près. Les rues sinueuses du village, bordées de maisons traditionnelles sont elles aussi pleines de vie. Ici, les bergers et les bergères s'en vont faire paître leurs chèvres et leurs vaches ; après l'école, les enfants jouent dans les rues où il n'y a aucune voiture ; les paysans travaillent dans leurs champs en terrasse ; les récoltes sèchent devant les maisons ; les chiens montent la garde et les femmes font leur lessive, la vaisselle ou leur toilette aux puits et aux fontaines devant chez elles ou dans leur jardin... Ici, pas de stress, que des sourires. On travaille mais à son rythme. Nous on respire !






Cette vie qui peut être qualifiée de simple ou modeste ne laisse pourtant pas les habitants du village à l'écart d'un certain confort. Ainsi, à Bandipur il y a moins de coupures d'électricité qu'à Kathmandu (énergie hydraulique). Les familles regardent aussi la télévision et les bergers reçoivent des coups de téléphone sur les hauteurs !




Mais à 2h de marche, sur un petit sentier, pour les habitants du tout petit village isolé de Ramkot, c'est une autre histoire ! Pour nous, ce fut une promenade magnifique mais aussi comme un voyage dans le temps ou à travers les dimensions... Nous ne nous étions jamais sentis si loin de toute "modernité". Nous serions bien restés un peu mais ici on ne parle pas du tout l'anglais et puis nous n'avions pas envie de déranger. Il faut dire qu'au centre du village, si l'on peut parler de centre (sur une sorte de placette formée par un espace ouvert entre 3 ou 4 maisons), on prépare déjà le repas du soir : tandis qu'une vingtaine de femmes assises discutent, une dizaine d'hommes découpent une bête à même le tas de braises fumant.







La pagode newar

Au centre des anciennes villes royales de Kathmandu, Patan et Bhaktapur, au hasard des rues dans ces villes et un peu partout dans la vallée de Kathmandu, la silhouette caractéristique des pagodes newar (nom de l'ethnie de la région) se laisse admirer. Ces pagodes, c'est-à-dire bâtiments pyramidaux à toits multiples, en brique rouge et bois sculpté, sont des temples hindous ou bouddhiques et parfois les deux. Ils sont généralement carrés mais peuvent être rectangulaires ou octogonaux selon les dieux auxquels ils sont consacrés. Ils constituent un patrimoine architectural exceptionnel que nous ne nous attendions pas à admirer au Népal.

C'est que ces pagodes nous ont tout de suite fait penser à l'Asie du Sud-Est ou plutôt à la Chine. La pagode est bien l'image d'Epinal que l'on se fait de la Chine impériale. Et bien, en réalité, nous avons appris que c'est un architecte népalais, Arniko, qui est considéré comme le père de la pagode asiatique et qu'a la fin du XIIIème siècle, c'est lui qui aurait introduit le dessin de la pagode népalaise à toits multiples à la cour de l'empereur de Chine, bientôt repris dans toute la Chine et l'Asie du Sud-Est. 

Ici, la ville de Patan dont les temples et l'ancien palais royal en plein centre ville sont exceptionnels...





Ici, le temple de Nyatapola à Bhaktapur. C'est l'un des deux temples à 5 toits de la vallée de Kathmandu.




Depuis le temple Nyatapola de Bhaktapur...



Le Durban Square de Patan...




Non loin de Kathmandu, Patan et Bhaktapur sont deux charmantes villes aux ruelles médiévales remplies de maisons de briques rouges et de boiseries sculptées, de petits commerces et d'ateliers d'artisans. Nombre de ces petites artères pavées conduisent à de petites cours intérieures pleines de vie. Ici, les potiers, les mains enduites d'argiles, donnent naissances à des vases et des coupes. Là-bas, les récoltes sèchent en pleine rue. Et plus loin encore, au milieu des poules et des poussins, on discute. Patan et Bhaktapur, c'est l'abolition des frontières classiques entre ville et campagne. La vie semble y couler tranquillement, sans stress et c'est bien agréable. 

Rues de Patan.





Au milieu d'une place, une fontaine d'eau sacrée. Le débit est lent et les jarres attendent d'être remplies...